En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Daniel Vázquez Díaz

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre espagnol (Nerva, prov. de Huelva, 1882  – Madrid 1969).

Un des peintres espagnols les plus importants de la première moitié du xxe s., Vázquez Díaz fut le principal initiateur des Madrilènes à la peinture postcubiste, mais il introduisit dans celle-ci une gamme de couleurs et un style proprement andalou, nullement " folklorique ", grave et simple, où le dessin, robuste et dur, accuse géométriquement les volumes par des fuites de perspective en oblique. Venu à Séville de la Costa Blanca de Huelva, il délaissa très vite ses études de commerce pour la peinture. Attiré par le Paris des années 10, il y passa plusieurs années, collaborant modestement avec Bourdelle pour des décorations murales, fréquenta Picasso, Juan Gris, Max Jacob, Modigliani. Revenu en Espagne après la guerre, il tarda longtemps à connaître autre chose que des succès d'estime, dans les expositions madrilènes. L'année 1929 marque pour lui le tournant décisif grâce à une importante commande de l'État : le cycle mural du monastère franciscain de la Rabida, près de Huelva, qui fut un havre de grâce pour Colomb dans les moments difficiles qui précédèrent son embarquement pour l'Amérique. La vie de Colomb parmi les moines, la réunion des marins, des guerriers, des paysans andalous, le serment des adieux ont inspiré à Vázquez Díaz de grandes compositions statiques, d'un dessin large et anguleux, qui se situent aux antipodes des décorations baroques et tourmentées de Sert. L'influence de la lumière atlantique y est sensible, mais aussi celle de Zurbarán, que Vázquez Díaz contribua beaucoup à remettre à la mode : les constructions puissantes et simples et la diversité de la gamme de blancs se retrouvent dans le Repas des chartreux et dans quelques portraits de religieux, comme celui du P. Getino (Madrid, M. E. A. C.).

Vázquez Díaz, dont l'œuvre est très abondante, a peint également des paysages blancs, d'ascendance nettement cubiste (Fabrique de brouillard, musée de Bilbao), des nus, des natures mortes, des compositions (qui sont en réalité des portraits collectifs) comme le Torero mort. Mais c'est sans doute sa série de portraits d'écrivains, par le style un peu âpre, l'alliance rigoureuse de construction et d'expression, qui a le plus contribué à sa renommée. Vázquez Díaz a été le peintre par excellence de toute l'intelligentsia espagnole des années 20 : Ruben Dario, Zuloaga, J. R. Jiménez (Madrid, M. E. A. C.), Azorín, Marañon, Unamuno (musée de Bilbao). Académicien, professeur à l'École des beaux-arts, il forma toute une génération de peintres. Dans ses dernières années, il connut une gloire tardive, mais solide. Depuis sa mort, plusieurs expositions importantes ont été consacrées à sa mémoire. Le musée de Bilbao, avec une dizaine de toiles, donne une idée de l'œuvre de Vázquez Díaz.