En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Jacobus Vrel

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre néerlandais (actif entre 1654 et 1662 peut-être à Delft).

On ne possède aucun renseignement biographique sur ce petit maître, sans doute originaire de Frise, autrefois confondu avec Vermeer (Thoré-Burger, 1866), Pieter De Hooch ou Koedijck et que la critique a depuis distingué (notamment Hofstede de Groot en 1893). Très peu de ses œuvres sont datées ; Une femme à la fenêtre (1654, Vienne, K. M.) révèle un peintre indépendant et formé avant Vermeer, voire avant Pieter De Hooch, ce qui fait de Vrel un contemporain d'Emmanuel de Witte et de Fabritius, nés v. 1620. Vrel a traité surtout 2 thèmes : intérieurs et vues urbaines. Leur originalité dans l'école hollandaise tient à l'étroitesse de leur champ visuel, limité à des courettes ou des ruelles, complètement étranger au genre savamment perspectiviste cultivé depuis Saenredam et qui triompha chez Berckheyde et Van der Heyden. Les personnages qui animent ces vues sont souvent malhabiles, et leur naïveté accentue encore le côté humble de ce réalisme d'un niveau esthétique modeste mais d'une présence étonnante. On en trouve des exemples assez nombreux et relativement monotones dans les musées d'Oldenburg, de Hambourg, au Rijksmuseum (tableau signé et qui a joué un rôle essentiel dans la découverte du peintre), dans les musées d'Hartford, de Philadelphie (coll. Johnson) ; chose curieuse, ces Vues urbaines, assez voisines de celles de Pieter De Hooch, avaient presque toutes passé autrefois pour des Vermeer. Bien plus vermériens certes et d'une qualité poétique plus élevée sont en revanche les Intérieurs de Vrel : grandes pièces hautes et silencieuses où travaillent des femmes et où lumière et formes pures se découpent nettement. Le coloris, où dominent souvent les gris bleutés et froids, contraste avec les harmonies de bruns rougeâtres qui caractérisent les Vues urbaines. On y retrouve pourtant toujours la même modestie de l'humble réalité quotidienne — un peu mélancolique dans son calme trop parfait — et les mêmes perspectives, limitées ici à une seule pièce ou à des murs nus, au lieu d'une enfilade de pièces comme chez de Witte ou Pieter De Hooch. Parmi les meilleures œuvres de Vrel, citons la Garde-malade du musée d'Anvers, l'Intérieur de Bruxelles (M. R. B. A.), la Leçon de lecture du musée de Lille, les Soins maternels de Detroit (Inst. of Arts), où volumes et espace sont évoqués avec la pureté abstraite et la plasticité d'un primitif néerlandais du xve s., ou encore ce chef-d'œuvre d'intimisme naïf, si gentiment poétique, qu'est la Femme à la fenêtre de la coll. Lugt (Paris, Inst. néerlandais), où le vitrage extérieur renvoie paradoxalement à l'intérieur de la pièce et laisse apparaître en transparence, comme au-delà du réel, dans le mystère de cet univers sans bruit ni geste, un visage d'enfant.