En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

les Vingt

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Ce Salon annuel bruxellois fut fondé en 1884 (charte officielle le 4 janv.) par Octave Maus, qui en assura entièrement le secrétariat ; le journal l'Art moderne (1881-1914), dont Maus partageait la direction avec Edmond Picard, fut l'organe de défense et de diffusion des Vingt, puis de la Libre Esthétique. Le groupe des Vingt, formé à la suite d'une scission de celui de l'Essor, réunit les peintres belges que l'Impressionnisme commençait de séduire : Ensor, Vogels, Van Rysselberghe, Khnopff, Finch, parmi les principaux, ainsi que le Grec Pantazis, ami de Vogels, et l'Espagnol Regoyos. Au nombre des premiers invités (vingt en principe) figuraient Leibl, Sargent, Whistler, Manet, les Hollandais J. Israels, Mauve et Maris, les Belges Stobbaerts, Rops et Artan, le Français Rodin, qui devint membre du groupe en 1889. Un programme complémentaire de conférences et de concerts faisait du Salon des Vingt une manifestation culturelle importante. Les artistes les plus timorés démissionnèrent en 1885 et 1886 (Lambeaux, Verhaert, Vanaise, Delvin, Verstraete, Simons), et les expositions prirent dès lors une allure plus novatrice. En 1886, quand Ensor présente sa Mangeuse d'huîtres, Monet, Renoir, Redon, Monticelli et Breitner sont invités. Les deux Salons suivants marquent une nette orientation vers le Néo-Impressionnisme, dont Finch et Van Rysselberghe, très lié avec Signac, se font les promoteurs en Belgique. La présentation en 1887 du chef-d'œuvre de Seurat, Un dimanche à la Grande-Jatte (1884-1886, Chicago, The Art Institute), suscite l'éloge autant que le scandale, et Maus intitule son introduction au Salon de 1888 la Recherche de la lumière dans la peinture. Le Symbolisme littéraire et pictural prit droit de cité peu après : Gauguin exposa 12 tableaux en 1889, et Theodor de Wyzewa disserta sur " Les origines de la littérature décadente (Verlaine, Laforgue, Mallarmé) ". Van Gogh, invité (ainsi que Cézanne) en 1890, envoya plusieurs tableaux, qui entraînèrent la démission d'Henri De Groux ; l'année suivante, 8 tableaux et 7 dessins furent exposés en hommage au peintre disparu. En 1892, la rétrospective Seurat comprenait 17 toiles, des esquisses et des dessins. Dissous en 1893, après dix ans d'activité, le Salon des Vingt avait eu le rare mérite, en dépit de l'opposition de certains de ses membres eux-mêmes, de s'ouvrir de plus en plus largement aux courants nouveaux et d'offrir aux artistes les plus audacieux de l'époque une occasion de se manifester. La présence de F. M. Brown au dernier Salon présageait d'une tendance plus affirmée vers le Symbolisme, qui s'épanouit avec les débuts de la Libre Esthétique.