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Jacques Mahé de la Villeglé, dit Villeglé

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Quimper 1926).

En 1944, élève de la section " peinture " de l'école des beaux-arts de Rennes, Villeglé se lie avec Raymond Hains : c'est le début d'une complicité artistique qui sera à l'origine des affiches lacérées. En 1947, il récolte des objets de petite taille, débris du mur de l'Atlantique, fils de fer formant des sculptures travaillées par des aléas divers. Après avoir étudié l'architecture à Nantes de 1947 à 1949, il réalise de nombreux travaux en collaboration avec Raymond Hains, en particulier divers films : Pénélope, juxtaposition de formes vagues au contour net, ondulantes, réalisées à l'aide d'un objectif de verre cannelé ; Loi du 29 juillet 1881 ou Défense d'afficher, à partir d'affiches lacérées. En 1952, les deux artistes publient Mépérile éclatée, où l'antisyntaxe du texte de Camille Bruyen est portée à son paroxysme au moyen des ultra-lettres, caractères d'imprimerie déformés par l'objectif en verre cannelé. À partir de 1949, avec Raymond Hains, Villeglé commence à récolter des affiches, leur première affiche arrachée, Ach Alma Métro, étant une œuvre commune. Cette action d'" appropriation objective et sélective sur l'affiche seule ", qui se substitue aux arts de transposition, doit donner à l'artiste une prise directe sur le monde objectif. À partir de l'activité anonyme des lacérateurs (l'homme de la rue), l'accent est mis sur les effets de juxtaposition et de superposition des affiches et des écrits, renforcé par l'action de la colle sur le bois, du salpêtre sur la pierre, et par l'éventuelle adjonction de graffiti. Cette appropriation du réel — dont les titres marquent généralement la provenance — peut prendre des formes multiples : lettres lacérées (l'Humour jaune, Marseille, musée Cantini), signes urbains sans lettres ni figures (Bleu d'août, 1961, musée de Nîmes), affiches de peintres, transparences, objets ou personnages lacérés, thèmes politiques (les Présidentielles de 1981 vues par Villeglé, 1981), drippings ou graffiti, placards de journaux tirés de kiosques, petits formats divers. Après avoir, en 1952, fréquenté les lettristes dissidents Bull Dog Brau, Guy Debord et Gil Wolman, qui viennent de fonder leur première internationale et, en 1954, rencontré François Dufrêne, Villeglé expose en 1957 avec Raymond Hains, chez Colette Allendy, à Paris, la première rétrospective d'affiches lacérées, sous le titre Loi du 29 juillet 1881 ; en 1959, il présente une exposition personnelle dans l'atelier de François Dufrêne à Paris, " le lacéré anonyme ". Présent à la première Biennale des jeunes en 1959, puis au Salon Comparaison en 1960, il signe, en octobre, la déclaration constitutive des Nouveaux Réalistes et participera dorénavant aux manifestations du groupe. De 1961 à 1968, chargé d'une salle au Salon Comparaison, il présente des artistes pop américains et européens, des membres de l'école de Nice, de l'Arte povera, du mec-art. Après des expositions galerie J. en 1963 et galerie Ad libitum à Anvers en 1964, il entreprend en 1965 une série thématique à partir d'une affiche de Georges Mathieu pour un bal à l'École polytechnique, présentée sous le titre " de Mathieu à Mahé ", galerie Jacqueline Ranson à Paris. En 1969, l'artiste entame un travail à partir d'idéogrammes politiques intitulé la " guérilla des écritures ", dont un travail sur feutre est présenté au théâtre du Vieux-Colombier à Paris, dans la manifestation Liberté de Parole. En 1971-72, une rétrospective de son œuvre est présentée à Stockholm (Moderna Museet) et à Krefeld (Museum aus Lange). En 1975, c'est une affiche de Jean Dubuffet qui est prétexte à constituer un ensemble, " le Retour de l'Hourloupe " (maison de la culture, Rennes) et, en 1977, le M. N. A. M. de Paris publie Lacéré anonyme, texte de l'artiste sur son œuvre. En 1982, des graphismes semblables sont exposés à Rennes et à Paris sur des panneaux publicitaires de 12 m² dans le cadre d'Art-Prospect. Un autre recueil de ses textes paraît en 1985, Urbi et Orbi. Son œuvre, qu'il poursuit dans le même esprit (Rue Vincent Van Gogh, 1988), est représentée dans de nombreux musées en France (Paris, M. N. A. M. : Tapis Maillot, 1959, Épinal, Nîmes, Nice, M.A.M. ; Boulevard Saint-Martin, 1959, Toulon) et à l'étranger (Mönchengladbach ; Stockholm, Moderna Museet).