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Claude Viallat

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Nîmes 1936).

Dans la lignée d'une Abstraction qui se réclame à la fois de Matisse et des abstraits américains, et qui n'a d'autre sujet que la peinture elle-même, il développe depuis la fin des années 60 une critique pratique et théorique du tableau traditionnel. Sa recherche sur les supports le conduit à utiliser des toiles non tendues, des fils, des cordes, des nœuds, des filets, des galets, des bois roulés, des papiers, des lièges, des treillis métalliques, tandis que la couleur (généralement des " teintures ") s'organise à partir d'empreintes répétées de formes. Ce travail de " déconstruction " du tableau, mené avec un vocabulaire réduit, rejoint les recherches de peintres comme Dezeuze et Saytour et prend de l'ampleur avec le regroupement temporaire opéré en 1970 sous le nom de " Supports/Surfaces ".

La réalité matérielle du support, de l'outil et de la couleur met en évidence la démarche du peintre, à l'opposé de toute mystique de la création artistique : l'image n'a d'autre sens que celui du travail qui la produit. Par leur nature même, les œuvres appellent le plein air et la rue (par exemple manifestations du village de Coaraze en 1969), tandis que les travaux exploratoires et les inventaires systématiques de nœuds, ligatures, épissures, châssis, présentés comme partie intégrante de l'œuvre, font clairement apparaître le projet et la méthode de l'artiste. Fondant très tôt sa pratique sur la répétition d'une même forme issue des mailles de ses filets, Viallat en couvre divers supports de toile non tendus sur châssis : bâches, parasols, stores à franges parfois eux-mêmes imprimés de motifs décoratifs. Viallat a également réalisé des vitraux pour la cathédrale de Nevers et pour l'église d'Aigues-Mortes (1989-91).

C'est l'infinie variation des oppositions de couleurs entre cette forme répétée et le fond sur lequel elle s'inscrit qui devient alors le sujet principal de sa peinture.

Après avoir enseigné à l'école des Beaux-Arts de Marseille-Luminy, Viallat dirige depuis 1979 celle de Nîmes. Le M. N. A. M. lui consacra une exposition rétrospective en 1982. Il a représenté en France à la Biennale de Venise en 1988. Un ensemble d'œuvres de l'artiste couvrant la période 1974-96 a été présenté (Paris, E. N. S. B. A.) en 1996.