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Kees Van Dongen

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français d'origine néerlandaise (Delfshaven, près de Rotterdam, 1877-Monte-Carlo1968).

Il travaille d'abord dans la malterie dirigée par son père et suit les cours de l'Académie de Rotterdam (1895). Il dessine pour le compte du Groene et du Rotterdamsche Nieuwsblad (1896), et les études de scènes de port, de filles de joie que le journal publie font scandale. Il traite d'ailleurs en peinture des sujets analogues et s'exprime déjà dans un style aux simplifications énergiques, haut en couleur. Il arrive à Paris le 14 juillet 1897 et élit domicile à Montmartre, où il est, en 1906-1907, l'un des hôtes du Bateau-Lavoir. Il expose chez le père Soulier (près du cirque Médrano) et chez Le Barc de Boutteville (1898), rue Le Peletier, où il peut voir des œuvres des Nabis ; il donne des aquarelles à de nombreux journaux, comme l'Assiette au beurre (enquête sur les prostituées, 1901), Frou-Frou, l'Indiscret, le Rabelais. Il se lie avec Fénéon, qui le fait entrer à la Revue blanche en 1903 et décide Vollard à lui consacrer une importante exposition l'année suivante. Il passe par une courte phase d'un divisionnisme dru (le Boniment, 1904, Paris, coll. part.), puis l'exemple des Nabis l'amène à alléger son métier. À la veille de l'éclatante manifestation du Fauvisme, à laquelle il participe, Van Dongen a produit déjà une œuvre très représentative de son esprit et dont les principaux caractères se maintiendront durant plusieurs années : harmonie audacieuse mais recherchée des accords, touches en animation rapide compensant des zones d'une exécution plus régulière, sensualité souvent canaille ou complice des visages ou des attitudes (Modjesko, 1908, New York, (M. O. M. A.), Saltimbanque au sein nu, v. 1907-1908, Paris, M. N. A. M.) dans une suite de nus entreprise en 1905 (Torse, coll. part.). La fréquentation assidue du cirque Médrano lui inspire en 1906-1907 une série de tableaux d'une qualité très homogène (le Maillot blanc, 1906). En 1908, Van Dongen collabore avec le céramiste Metthey, expose à Düsseldorf à l'instigation de Kahnweiler, puis à Dresde, où il envoie des dessins à l'exposition de Die Brücke ; il présente en effet avec les expressionnistes allemands des affinités plus grandes qu'avec les fauves français (Au bois de Boulogne, 1907-1908, musée du Havre). Il connaît le succès et il est en contrat avec la galerie Bernheim-Jeune (1909-1915). Il voyage en Espagne et au Maroc (1910-11), d'où il rapporte de belles toiles d'un sentiment plus frais (Femmes à la balustrade, v. 1911, musée de Saint-Tropez) ou d'une exécution allègre et spirituelle (les Fellahs, 1911, Paris, M. N. A. M.). Les compositions décoratives, en grands aplats colorés, apparaissent en 1911 (Rouge et jaune, Rouge et bleu) et, probablement confirmées par un voyage en Égypte en 1913, vont évoluer vers un style hiératique à deux dimensions (Homme bleu et femme rouge, v. 1918, Nice, musée Chéret). En 1913, la liaison de Van Dongen avec la marquise Casati, puis, surtout, en 1916, la liaison avec Léo Jasmy (qui se prolongera jusqu'en 1932) vont orienter la peinture de l'artiste vers le style mondain auquel il devra sa célébrité après la guerre, sorte de compromis entre le portrait officiel et l'affiche ; la composition se stabilise, rythmée par les longues verticales à quoi se réduisent ses modèles féminins (la Vasque fleurie, 1917, Paris, M. A. M. de la Ville), et la couleur, si elle conserve une insolence souvent heureuse, perd parfois de son raffinement. Van Dongen devient le peintre des célébrités du monde et du demi-monde, à Paris comme à Deauville. Cette longue suite d'effigies, d'une vérité assez cruelle sous des apparences arbitraires, reste un témoignage sur une partie de la société de l'entre-deux-guerres (Boni de Castellane, 1922 ; les Dolly Sisters, 1925). L'activité de portraitiste de Van Dongen devait se maintenir fort tard, mais, après 1930, une vision plus véridique, plus conventionnelle aussi, du modèle est sensible (Utrillo, 1948 ; Brigitte Bardot, 1954). C'est dans les paysages peints au cours de la même période que Van Dongen retrouve le bonheur et la justesse d'expression de toiles plus anciennes (Petit Âne sur la plage, v. 1930, musée de Saint-Tropez). Son œuvre, dont le meilleur est antérieur à 1920, est demeurée fidèle à l'esprit comme aux moyens d'un Fauvisme nettement expressionniste, tout au long d'une évolution qui reste indifférente aux avatars de l'art contemporain.

Il prit la nationalité française en 1929 et s'installa à Monaco en 1959, dans une villa appelée le Bateau-Lavoir. On lui doit quelques écrits (la Hollande, les Femmes et l'Art, Paris, 1927 ; la Vie de Rembrandt, Paris, 1927 ; Peindre, conseils pratiques, Paris, 1937) et des lithographies pour les Lépreuses de Montherlant (1946), la Princesse de Babylone de Voltaire (1948), la Révolte des anges d'Anatole France (1951), dont il avait fait le portrait en 1917. Van Dongen est bien représenté à Paris (M. N. A. M.), à Saint-Tropez, à Nice, à Grenoble, à Montpellier, à Genève, à New York (M. O. M. A.) et dans les musées néerlandais.