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Louis Valtat

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Dieppe 1869-Paris 1952).

Cet artiste isolé fut longtemps méconnu, mais ses robustes qualités de peintre et le rôle singulier qu'il joua vis-à-vis du Fauvisme apparaissent aujourd'hui de plus en plus nettement.

D'une famille d'armateurs dieppois, il entre à l'École des beaux-arts de Paris en 1887, passe dans l'atelier de Gustave Moreau et à l'académie Julian. Il expose aux Indépendants dès 1889. Comme la plupart des artistes de sa génération, il subit un moment l'ascendant de Gauguin, encouragé par son ami Daniel de Monfreid, avec lequel il fait un séjour en Espagne en 1895, et, plus longuement, l'ascendant du Néo-Impressionnisme. Cette dernière influence est stimulée par Cross et par Signac, ses amis et voisins, puisqu'il s'installe de 1889 à 1914 à Anthéor, près du Lavandou et de Saint-Tropez. Valtat, qui peignait avec des couleurs pures et violentes dès 1894 (Nu dans un jardin et Chez Maxim's., Genève, fondation Ghez, Petit Palais), s'apparente un moment aux Nabis. En 1894-1895, il exécute avec Toulouse-Lautrec et Albert André les décors du Chariot de terre-cuite pour le théâtre de l'Œuvre de Lugné-Poe. Mais sa pâte lourde, travaillée en taches tourbillonnantes, annonce bientôt les peintres de Chatou (la Fiesta, 1896, coll. part. ; Femme au cabaret, v. 1896, Paris, musée d'Orsay). Il participe à toutes les manifestations du Fauvisme, en particulier au fameux Salon d'automne de 1905, mais sa position dans le mouvement est ambiguë : précurseur d'un côté, compagnon de route de l'autre, Valtat reste pourtant, pour ce qu'il a de meilleur (par exemple dans ses flamboyants paysages de l'Esterel, musée de Besançon), plus proche de Guillaumin et de Cross que de Matisse, dont il est pourtant l'exact contemporain. Installé dans la région parisienne après 1914, il évolue seul, dans un style toujours soucieux d'équilibre plastique et coloré (nombreuses natures mortes). En 1924, il acquiert une propriété à Choisel dans la vallée de Chevreuse, où il fait de fréquents séjours jusqu'à la fin de sa vie. Valtat perdit la vue en 1948. Il est représenté à Paris (musée d'Orsay), Saint-Tropez, Bordeaux, Cahors, Le Havre, Nantes, Nîmes, Rennes, Toulouse et surtout, par un important ensemble de toiles " fauves " à la fondation Ghez de Genève, qui lui a consacré une rétrospective en 1969.