En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Constant Troyon

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Sèvres 1810 – Paris 1865).

D’une famille de décorateurs sur porcelaine, Constant Troyon débuta dans ce métier tout en peignant des paysages sur le motif. Vite, il se spécialisa dans ce genre. Ses premières œuvres s’inspirèrent des peintres néerlandais du xviie s., de Jacob Van Ruisdael plus précisément (les Bûcherons, 1839, musée de La Rochelle). Cependant, on y perçoit tout ce qu’il apprit de la nature directement observée. Ce vérisme apparaît dans les quelques paysages historiques de sa jeunesse. L’« histoire » n’y fut qu’un prétexte pour faire admettre ces toiles par les jurys traditionalistes des Salons. Tobie et l’Ange (Salon de 1841, Cologne, W. R. M) montre l’heureuse alliance d’une ordonnance classique rappelant Lorrain et de la sincérité d’un œil réaliste. En 1843, Troyon connut Rousseau et Dupré. À leur contact, son sens de la réalisation grandit encore. Néanmoins, Troyon ne tenta pas, comme eux, de traduire ses émotions intimes. En représentant la nature, il se garda toujours du drame. Son voyage aux Pays-Bas de 1847 détermina l’étape majeure de sa carrière. Troyon y apprit de Potter à devenir peintre animalier. Longue serait la liste de ses troupeaux, dans lesquels, au travers d’une production abondante, il sut renouveler son inspiration. Le plus libre et le plus abouti de ces tableaux reste les Hauteurs de Suresnes (1856, Louvre). Troyon apprit aussi de Cuyp à fondre les lointains brumeux dans un éblouissement lumineux. Le Bac (v. 1849, id.) fait songer à la Vue de Dordrecht par Aelbert Cuyp (Rotterdam, B. V. B.). Par ces recherches luministes, par sa dernière technique, juxtaposant des touches menues de couleur pure (la Rentrée du troupeau, 1856, musée de Reims), Troyon fut, parmi ses émules, les peintres de Barbizon, de ceux qui approchèrent le plus étroitement l’impressionnisme. Ses derniers paysages maritimes, peints v. 1860 sur les côtes de la Manche auprès de Boudin, avec qui il s’associa un instant, attestent son génie précurseur. Un des premiers des paysagistes de l’école de 1830, il connut la fortune et les honneurs. Ce succès entraîna de nombreux imitateurs, dont Rosa Bonheur fut le plus fameux et dont l’art facile, qui encombra les salons, porta un préjudice, maintenant oublié, à Troyon, qui demeure le plus puissant interprète des animaux domestiques du xixe s. en France.

L’artiste est représenté au Louvre et au musée d’Orsay (coll. Chauchard) ainsi que dans de nombreux musées de province et de l’étranger. (Citons notamment le musée Mesdag de La Haye, le Metropolitan Museum, le M. F. A. de Boston, l’Art Inst. de Chicago, le Clar. Inst. de Williamstown et l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, les musées de Cologne, Hambourg, Leipzig et Munich.)