En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Tommaso da Modena

Saint Albert le Grand
Saint Albert le Grand

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Modène v. 1325 – Modène v. 1379).

Tommaso se forma dans le milieu très actif des peintres et miniaturistes bolonais, comme l’attestent 2 petits retables portatifs peints dans sa jeunesse (le Christ aux limbes, saint Jean, sainte Catherine, 1345, Modène, Pin. Estense ; Reliquaire, Baltimore, W. A. G.).

En 1352, il se trouvait déjà depuis quelque temps en Vénétie, où, à Trévise, il était occupé à la décoration de la salle capitulaire au couvent dominicain de S. Niccolò (auj. Seminario). Il aligne sur les murs une étonnante série de portraits de dominicains célèbres, représentés à l’étude dans leurs cellules, avec un réalisme aigu et pénétrant. Une élégance plus subtile caractérise les figures de Saints qu’il exécute à fresque à l’église S. Niccolò, à Trévise encore.

De 1360 environ datent un diptyque avec le Christ mort et la Vierge et un triptyque avec la Vierge entre saint Wenceslas et saint Palmatius, œuvres d’un coloris solide et chatoyant adouci par un clair-obscur très fin, commandées pour le château de Karltejn, en Bohême, où elles se trouvent toujours. Il n’est pas nécessaire de supposer que Tommaso se soit rendu en personne en Bohême, mais la présence de ses œuvres témoigne de la faveur dont jouissait l’art italien à Prague.

Vers 1360-1365, Tommaso exécute pour l’église S. Margherita (Trévise) un deuxième cycle important de fresques figurant des Scènes de la vie de sainte Ursule (maintenant détachées et conservées au Museo Civico de Trévise). Le sujet se prêtait à une iconographie copieuse, à de vives descriptions des personnages et des costumes, que le peintre sut traduire en un style vigoureux, mais assoupli par un coloris lumineux et vibrant. D’autres fresques lui sont à juste titre attribuées dans d’autres églises de Trévise (S. Francesco, S. Lucia, S. Niccolò). Parmi les peintures sur bois qu’on lui doit, citons un petit Retable portatif (Bologne, P. N.) et une Vierge (coll. part.).

Si l’activité de Tommaso miniaturiste fut certainement grande, elle n’est plus documentée que par une feuille avec la Vierge et l’Enfant (Florence, Fond. Longhi) et par quelques feuilles d’un « Offiziolo » de la Sainte Vierge représentant les Mois (Forlì, Biblioteca Comunale) : celles-ci datent probablement de la dernière phase de son activité. L’art de Tommaso se distingue de celui des Bolonais, plus fantaisiste, par un sentiment de mesure et de sérénité. Tommaso est un interprète aigu du réalisme émilien, qu’il applique à la représentation d’une humanité puissante, sanguine, joviale. Il laissa une trace profonde sur la peinture vénitienne de cette époque.