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Agostino Tassi

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Ponzano Romano v. 1580 – Rome 1644).

Vers l’âge de quinze ans, il quitta Rome pour Florence, où il gagna la faveur du grand-duc de Toscane. Mais, tout au long de sa vie, il eut affaire avec la justice et, dès cette époque, se retrouva à bord des galères du duc, expérience qu’il sut tourner à son avantage puisqu’il en tira le goût pour les marines. Après avoir peint une frise au dôme de Livourne (1602), il se rendit à Gênes, où, selon l’historien génois Soprani, il peignit des paysages marins dans la maison d’Orazio de Negro. De retour à Rome v. 1610, il travailla à des fresques : au Palazzo di Firenze, sous la direction de Cigoli (1610) ; à Montecavallo ; au Casino du palais Rospigliosi en collaboration avec O. Gentileschi (1611-1612) ; à la Villa Montalto (auj. Villa Lante : Marines), à Bagnaia (1615) ; au Quirinal (1616) ; au palais Lancellotti (1617-1623) ; à la Villa Ludovisi (avec Guerchin, 1621) ; au palais Costaguti (1621-1623) ; au premier étage du palais Rospigliosi (1623) ; au Palais Doria (1635). Dans ces fresques, il adopte un style conservateur dans la tradition du maniérisme tardif de Paul Bril, qu’il dut connaître lorsqu’il travaillait au palais Rospigliosi et dont l’influence se fait pleinement sentir dans la Vie de saint Paul au Quirinal. Cependant, parallèlement, dans ses tableaux, il se montre novateur, ouvert à l’esthétique d’Elsheimer, qui adapte à la peinture de genre la vision caravagesque, et aux suggestions de Saraceni.

Après un premier tableau encore flamingant (la Fuite en Égypte, 1615, Pérouse, G. N.), il révèle son modernisme et sa sensibilité aux effets de lumière et d’atmosphère dans 2 tableaux de Ruines (apr. 1615 ; Florence, coll. Guildi), tandis que dans la Menace de tempête à Calafuria (signé A. T., Florence, Fond. Longhi), il parvient à briser la structure glacée d’Hendrick Vroom et annonce même Bellotto. Une Scène pastorale (Rome, G. N., Gal. Corsini) montre qu’il fut également touché par le classicisme bolonais (Dominiquin). Ses paysages et ses marines sont animés de joueurs de cartes, de diseuses de bonne aventure (Scène de port, Rome, Gal. Doria Pamphili), très manfrédiens et annonçant les bambochades. Pour avoir su italianiser complètement la vision d’Elsheimer, Tassi occupe une place déterminante dans l’histoire du paysage italien : la nouveauté de sa vision, souvent plus que la qualité picturale de ses œuvres, explique l’importance de son influence sur de petits maîtres (Sinibaldo Scorza, A. Travi) aussi bien que sur des peintres comme Pierre de Cortone et Claude Lorrain, qui entra sans doute dans son atelier en 1620. Tassi annonce les recherches de lumière et d’ombre de Codazzi, mais aussi la fraîcheur de vision de Swanevelt, de Jan Both et de Gaspard Dughet, mais surtout de Claude ; de plus, le « stile furioso » de ses tempêtes se retrouve, à travers Bramer, chez Salvator Rosa, puis chez Magnasco et Marco Ricci.