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Kurt R. H. Sonderborg

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre allemand (île de Sonderborg, Danemark,  1923).

Après avoir, de 1947 à 1949, fréquenté l'École des beaux-arts, il s'installe en France, où il étudie la gravure, en 1953 dans l'atelier de Hayter. Il y rencontre Hartung, Soulages, Schneider, de jeunes peintres de l'école de Paris. Il s'intéresse à la calligraphie (il est membre du groupe allemand Zen 49), et, à l'instar des artistes orientaux, sa technique exploite la rapidité et l'automatisme d'une écriture picturale fulgurante (Plus vite que le son, 1953). Sa première exposition en Allemagne a lieu en 1956. En France, il est révélé par sa participation à l'exposition allemande du Cercle Volney (1955) et une exposition personnelle (gal. René Drouin). L'encre de Chine, puis la tempera sont les moyens constants de son œuvre, réalisée presque toujours sur papier marouflé sur toile et réduite aux couleurs essentielles du noir, du rouge et du blanc. Les instruments les plus divers, larges brosses, pinceaux chinois, grattoirs, rasoir, donnent à certaines œuvres cet aspect griffé, déchiqueté, évoquant la limaille de plomb, des entrelacs de ferrailles, des sortes de champs magnétiques, de tourbillons vertigineux. Sonderborg leur donne presque toujours pour titre la date et le temps de leur exécution (14.6.57, 22 h 36-23 h 48).

Sonderborg a participé à de nombreuses expositions et salons en France et à l'étranger, aux Biennales de Venise (1958 et 1964), de São Paulo à la Documenta 3 de Kassel. En 1965, une rétrospective de son œuvre eut lieu au W. R. M. de Cologne. Cette peinture violente, d'un lyrisme noir, n'est pas sans évoquer parfois la musique contemporaine, celle d'un Stockhausen, par exemple.