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Leon Polk Smith

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre américain (Chikasha 1906-Bennington, Vermont, 1965).

D'abord enseignant, Smith se familiarisa avec la peinture lors de ses séjours d'été à New York. Si ses premières œuvres sont figuratives et fort proches du Surréalisme, très vite il subit l'influence de Mondrian, dont il a découvert l'œuvre en 1936 lors de la visite de la collection Gallatin à New York. Il s'engage dans l'art abstrait en devenant dans un premier temps un héritier de Mondrian (Hommage to Victory Boogie-Woogie n° 2, 1946-47, The Fort Worth Art Museum) au même titre qu'Ilya Bolotowsky, Harry Holtzmann, Burgoyne Diller, Fritz Glarner et Charmion von Wiegand. Le Néoplasticisme a représenté pour Leon Polk Smith un champ d'investigation pour les problèmes d'organisation formelle de la toile. Il se dirigea pourtant vers des issues qui devaient le conduire à libérer le concept de l'espace de Mondrian, de manière à l'exprimer aussi bien avec la ligne courbe qu'avec la ligne droite. Il allait ainsi devenir l'un des créateurs du Hard Edge (Yellow Edge, 1954). En 1962 apparaît la série des Correspondances, dans laquelle l'artiste met en jeu les relations réciproques entre les champs colorés. La forme gagne son existence à travers la couleur, et la couleur la sienne à travers la forme. Les couleurs-formes sont complémentaires l'une à l'autre et les titres sont alors limités aux désignations des éléments constituant la toile : ainsi Correspondence Blue-Yellow, 1963, ou Correspondence Black white, 1967 (New York, Brocklyn Museum). À partir de 1967 apparaît une série dite Constellations, qui permet à Leon Polk Smith d'élargir son champ d'action, jusqu'alors limité au plan de la toile. L'utilisation de plusieurs panneaux aux formes découpées (" shaped canvas ") lui permet d'atteindre, au-delà du tableau, l'espace environnant. L'œuvre devient un objet tridimensionnel plutôt qu'une surface peinte (Constellation n° 5, 1972). En 1976, L. Smith créa une série où il retrouve les préoccupations de Malevitch en 1915 (Cross Roads, 1978). Les dernières peintures des années 80 sont souvent des monochromes aux formes géométriques simples qui donnent une nouvelle dimension au concept d'espace. Dans les Form Space Series, par exemple, l'artiste associe des toiles découpées d'une même couleur ou des panneaux de couleurs distinctes que l'on peut accrocher de diverses manières afin de créer des œuvres différentes. À partir de 1984 apparaissent des œuvres qui sont soulignées par des baguettes de bois noires non limitées au format des châssis mais se poursuivant sur le mur, lequel devient alors une partie de l'œuvre. Le tableau, sortant de son cadre habituel, s'ouvre à tout l'espace environnant (Americas, 1986).

Smith a participé à toutes les grandes expositions de l'art abstrait géométrique américain et a connu en 1989 une rétrospective au Wilhelm-Hack Museum de Ludwigshafen et au musée de Grenoble.