Peintre britannique ayant travaillé en France (Paris 1839 – Moret-sur-Loing 1899).
Ruiné par la guerre de 1870, Sisley connut dès lors une existence précaire, puis se retira dans les environs de Paris, d'abord à Louveciennes, peignant des paysages creusés par la perspective d'une route, comme Chemin de Sèvres, Louveciennes, (1873, Paris, musée d'Orsay), observant le changement des saisons dans un même site, comme dans Louveciennes en automne (1873, Tōkyō, coll. part.) et Louveciennes en hiver (1874, Washington, Phillips Coll.), et participa à la première Exposition impressionniste avec 5 paysages. Il obtint pourtant l'aide du marchand Durand-Ruel, de Duret, du chanteur Faure, qui l'emmena à Londres pendant l'été de 1874. Il peignit des régates (les Régates de Molesey, Paris, musée d'Orsay), dont le mouvement et l'animation sont rares dans sa peinture, et de nombreuses vues de la campagne anglaise, comme le Pont de Hampton Court (Cologne, W. R. M.). De Louveciennes, il alla à Marly, où il peignit de nombreuses vues de l'abreuvoir situé en face de sa maison et devint le chroniqueur du village, comme dans la Forge à Marly (1875, Paris, musée d'Orsay), vue d'intérieur assez rare dans son œuvre, ou l'Inondation à Port-Marly (1876, id. et Rouen, musée des Beaux-Arts), présentée à la deuxième Exposition impressionniste où figurent des œuvres de 18 participants, avec 7 autres tableaux. En 1877, il participa également à la troisième Exposition impressionniste, où il montra 17 toiles, mais il ne connut guère de succès et s'abstint pendant quelques années.
Installé à Sèvres en 1877, puis à Louveciennes, il continua à brosser de nombreux tableaux en plein air où prédomine le ciel. Toujours bien équilibrées, ces œuvres sensibles sont encore d'une facture légère et aérée (la Neige à Louveciennes, 1878, Paris, musée d'Orsay).
Après 1880, l'artiste alla vivre près de Moret-sur-Loing, puis à Moret même, de plus en plus isolé. Sous l'influence de Monet, sa technique se modifia, sa touche s'élargit et ses œuvres s'empâtèrent. À son exemple, mais dans un esprit différent, il exécute de nombreuses séries des paysages environnants, tout d'abord à Saint-Mammès : la Croix blanche à Saint-Mammès (1884, Boston, M. F. A.), Saint-Mammès et les coteaux de la Celle, matin de juin (1884, Tōkyō, coll. Ishibashi), Saint-Mammès (1885, Paris, musée d'Orsay). Ce sont ensuite essentiellement des vues de Moret : le Pont de Moret — Effet d'orage (1887, musée du Havre), les Meules de paille à Moret — Effet du matin (1891, Melbourne, N. G.), le Canal du Loing (1892, Paris, musée d'Orsay), l'Église de Moret (1893, musée de Rouen), l'Église de Moret après la pluie (1894, Detroit, Inst. of Arts).
Une exposition particulière chez Durand-Ruel en 1883, puis une autre chez Georges Petit en 1897 ne rencontrèrent aucun succès, et l'artiste continua à vivre d'une manière misérable. Atteint d'un cancer, il cessa toute activité à partir de 1897, et ce n'est qu'après sa mort, deux ans plus tard, que sa renommée commença à grandir.
Sisley est une des figures principales du mouvement impressionniste. Fervent adepte de la peinture de plein air et des tons clairs, il aima, à l'instar de Corot et de Pissarro, les paysages d'Île-de-France ; mais il se distingue d'eux par un souci de composition et d'équilibre presque monumentaux, contrastant avec la familiarité discrète des sites élus. Une exposition a été consacrée à l'artiste (Londres, Paris, Baltimore) en 1992-93.