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Mario Sironi

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Sassari 1885  – Milan 1961).

Il se forme à Milan au contact du groupe futuriste, en particulier de Balla et de Boccioni. Il adhère au mouvement en 1913 et dès lors participe à toutes ses manifestations, y compris en s'engageant comme volontaire avec Marinetti entre autres pendant la guerre. Ses premiers dessins (1912-1915), auxquels Boccioni consacre un de ses essais, et ses peintures sont tout à fait caractéristiques du style futuriste. Sironi y reprend le thème des " mythes modernes " : la machine, la vitesse, la mécanisation de l'objet, traite les figures humaines en robot et insère dans ses compositions des éléments mécaniques complexes sur des fonds architecturaux ; les œuvres de Sironi les plus connues de cette période sont le Camion (1915, Milan, Brera), le Cycliste (1916), la Danseuse (1917, Milan, Brera), dans lesquelles interviennent des collages. Après la guerre, il évolue vers un primitivisme qui sera marqué par la peinture métaphysique tout en continuant à porter l'accent sur l'affirmation des volumes géométriques. Il s'oriente alors vers la représentation de paysages urbains montrant des architectures arides et désertées, qui constituent le meilleur de son œuvre et dont il exécute la majeure partie entre 1920 et 1924. En 1920, il signe le manifeste " Contro tutti i ritorni in pittura " avec Dudreville, Funi et Russolo. En 1923, il se lie au mouvement Novecento, avec lequel il partage les mêmes idéaux néo-classiques, qu'il interprète à travers une poétique toute personnelle et fortement teintée de misérabilisme. Considéré comme le précurseur de l'art néo-réaliste de l'après-guerre, il traduit dans ses œuvres la solitude et le silence en représentant notamment des paysages de banlieue industrielle où se dressent des ensembles d'habitations populaires, des gazomètres et des grues, tout en réalisant des compositions plus historiques, telles que la Famille (1930, Rome, G. A. M.), d'une ampleur toute monumentale. À partir de 1933, ses compositions deviennent plus emblématiques et archaïsantes, sensibles à la métaphysique archéologique suscitée par le mouvement Novecento.

Sironi exécute également de nombreuses œuvres monumentales, la plupart en collaboration avec l'architecte Gio Ponti (vitraux sur le thème du travail, 1931 ; décoration murale à la Triennale de Milan, 1933, et au grand amphithéâtre de la Città degli Studi de Milan, 1935 ; grand décor pour l'université de Rome, 1935 ; mosaïques pour le palais de la Presse à Milan). Les motifs archéologiques fantastiques et visionnaires (reports en trompe-l'œil sur la toile de fragments de bas-reliefs imaginaires) dominent dans ses tableaux, dont la facture apparaît influencée par ses œuvres monumentales, et composent un univers énigmatique et inquiet. Sironi connut une grande activité de décorateur de théâtre, travaillant pour d'importantes manifestations artistiques ou publiques (Triennale de Milan, 1933 ; pavillon Fiat à la foire de Milan, 1936 ; pavillon de l'" Italie d'outre-mer " à l'Exposition universelle de Paris, 1937). La plupart de ses œuvres sont conservées dans des collections privées, en particulier à Milan et à Rome. Une exposition a été consacrée à Sironi (Philippe Daverio Galleria, Milan) en 1989.