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Josef Sima

Pierre Jean Jouve
Pierre Jean Jouve

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français d'origine tchèque (Jaroměř, Bohême orientale, 1891  – Paris 1971).

À partir de 1909, Sima est inscrit à l'École des arts et métiers et à l'École des beaux-arts de Prague. Il découvre alors la peinture impressionniste, la peinture fauve, la peinture cubiste et surtout Cézanne, qui aura sur toute son œuvre une influence durable. En 1920, il gagne la France et travaille quelque temps dans des ateliers de vitraux Mauméjean à Hendaye. Il se fixe ensuite à Paris et obtient la nationalité française en 1926. Ses œuvres sont exposées en 1925 à Prague, où il participe au groupe d'avant-garde Devéstil. Sa peinture, qui était à mi-chemin d'un fauvisme rude (remorqueurs, quais de la Seine, ponts de Paris [Conflans Sainte-Honorine, 1923, musée de Prague]) et d'un cubisme déjà teinté de surréalisme (Le Havre, 1923), connaît une courte période constructiviste après la rencontre de l'artiste avec Mondrian, Van Doesburg et les membres du groupe " l'Esprit nouveau " (1923-1925) en tant que correspondant pour l'architecture de la revue d'avant-garde praguoise " Red ". Mais c'est à partir de 1926 que Sima commence à exprimer sa personnalité profonde, à chercher en lui-même et dans les souvenirs de ses visions privilégiées (la foudre, la forêt, la lumière prismatique, la clarté d'un corps féminin) les principaux éléments de son œuvre, qu'il reprendra tout au long de sa vie dans une incessante transmutation. À la première exposition du Grand Jeu (1929), mouvement proche du surréalisme, dont le programme tient en deux mots : " Révolution-Révélation ", il montre de curieux paysages figés, " dé-réalisés " (Tempêtes électriques), puis expose en 1930 un ensemble de portraits, dont ceux, inquiétants et fantomatiques, de ses amis Daumal et Lecomte (musée de Reims). Jusqu'à la guerre, il peindra souvent sur des thèmes mythologiques des œuvres oscillant entre l'inspiration surréaliste, comme le Retour de Thésée (1933, musée de Prague) ou Souvenir de l'Iliade (1934, id.), et une aspiration au dépouillement abstrait, plus sensible dans les " paysages ". De plus, sensible aux événements contemporains, il peint en 1937 deux œuvres sur la guerre d'Espagne. Une première rétrospective de son œuvre eut lieu à Prague en 1936, puis, à l'exception de deux toiles, Sima cesse pratiquement de peindre de 1939 à 1949. C'est en 1950 qu'il renoue à la fois avec la peinture et avec la nature, reprenant des thèmes anciens — plaines, rochers, forêts — mais comme épurés par une longue méditation ; les Orphée de 1957, apparitions abstraites toutes baignées de lumière, célèbrent le triomphe de celle-ci. Au cours des années suivantes, il réalise une série de peintures présentant dans des espaces abstraits des formes géométriques primaires : triangles, polyèdres, cercles (Ombres grises, 1960, Valence, musée). Plusieurs expositions successives à Paris, des rétrospectives d'abord en France au musée de Reims (1963), ensuite en Tchécoslovaquie (Liberec et Hradec Kralové, 1964) font peu à peu découvrir son œuvre, dont une vaste rétrospective eut lieu en 1968 à Prague, Brno, Bratislava, Ostrava et Paris (M. N. A. M.). Entre-temps, Sima, renouant avec son ancien métier, redécouvrait le vitrail et composait avec Charles Marcq les vitraux du chœur de l'église Saint-Jacques à Reims. Tout au long de sa carrière, l'artiste a réalisé de nombreuses illustrations de livres pour ses amis écrivains, Georges Ribemont-Dessaignes, Pierre Jean Jouve, Roger Gilbert Lecomte ou René Char (l'Effroi la joie, 1971 ; exposition, Paris, Bibliothèque nationale, 1979). Ses œuvres figurent dans les musées de Paris (M. N. A. M.), Grenoble, Reims, Lyon, Rouen, Saint-Étienne, Prague, Brno (République Tchèque), Bruxelles, Vienne, Lausanne et dans de nombreuses coll. part. Une rétrospective a été consacrée à l'artiste (M. A .M. de la Ville de Paris) en 1992.