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les Silvestre

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Famille de peintres et de graveurs français.

Israël (Nancy 1621  – Paris 1691) avait reçu les rudiments du métier de dessinateur et de graveur de son oncle Israël Henriet, et le contact avec les gravures de Callot, dont Henriet était l'éditeur, devait parfaire sa formation, complétée par de nombreux voyages en France et en Italie (1640-1655). Ses gravures, très nombreuses (plus de mille), aussi précises que sèches, lui valurent un grand succès — il fut académicien en 1670. Elles constituent le répertoire topographique le plus important et le plus complet de la France (Vues des châteaux de France), plus particulièrement de Paris (les Lieux les plus remarquables de Paris et de ses environs, Vues et perspectives de la chapelle et maison de la Sorbonne), et parfois même de l'Italie (Vues de Rome, les Stations de Rome, Antiche e moderne vedute di Roma) de la seconde moitié du xviie s.

Les dessins d'Israël Silvestre, méticuleux, trahissent le métier du graveur : Vue de la Seine avec le palais du Louvre (Paris, Inst. néerlandais), Vue de l'église des Carmélites (Paris, musée Carnavalet), Bal dans l'antichambre du roi, Vue et perspective du collège des Quatre-Nations (Louvre). Israël eut plusieurs fils, Charles-François, Louis le Vieux et Louis le Jeune.

Louis le Jeune (Sceaux 1675 – Paris 1760) , élève de Charles Le Brun, puis de Bon Boullogne, fit le voyage de Rome, où il connut Carlo Maratta, et visita également Venise et la Lombardie. De retour à Paris, il fut reçu académicien en 1702 (Formation de l'homme par Prométhée, musée de Montpellier). Peintre d'histoire, il reçut commande d'ouvrages importants pour les églises parisiennes, dont une suite de 9 scènes de la Vie de saint Benoît pour Saint-Martin-des-Champs (1 au Louvre, 1 au musée de Béziers, 2 au musée de Perpignan, 3 au musée de Bruxelles), qui le montre lié à la tradition de Le Sueur et proche de Jouvenet. On lui doit également le may de 1703 pour Notre-Dame de Paris, représentant Saint Pierre et le paralytique (musée d'Arras), vaste composition aux lignes sinueuses, tandis que le Moïse sauvé des eaux (1708, musée de Brest) se souvient davantage du classicisme de Poussin. D'un esprit tout différent sont plusieurs tableaux mythologiques, fortement influencés par La Fosse : Apollon et Daphné, Persée et Andromède (Potsdam, Sans-Souci) et probablement la Mort d'Adonis (Dijon, musée Magnin). À la suite du séjour à Paris du prince héritier Frédéric-Auguste de Saxe, Louis le Jeune fut nommé premier peintre du roi Auguste II et, de 1716 à 1748, résidant tantôt en Saxe, tantôt en Pologne, il fut l'un des principaux propagandistes de l'art français outre-Rhin.

Aidé de nombreux élèves, il travailla pour la cour de Saxe comme un artiste de cour universel, une sorte de nouveau Le Brun, et fut nommé directeur de l'Académie de peinture de Dresde dès 1726. Les destructions des guerres n'ont pas épargné les grandes décorations mythologiques ou allégoriques, telles que le plafond de la salle de bal du palais du comte Brühl à Dresde, figurant la Victoire de Bellérophon sur la chimère (détruit en 1945) ou les scènes de l'Histoire de Psyché peintes pour le Mathematischer Pavillon du Zwinger (id.). Seules subsistent les grandes peintures sur cuir de la salle de billard et de la Monströsen Saal du château de Moritzburg (Histoire de Diane, Scènes de chasse royale). Pour la salle du Trône d'Auguste II, Louis le Jeune peignit des dessus-de-porte (Renaud et Armide, Vénus et Adonis, Vertumne et Pomone, Dresde, Gg) fortement influencés par A. Coypel et Louis Boullogne, et dont on peut rapprocher un autre tableau conservé au musée de Varsovie. Fidèle à la tradition du portrait officiel fixée par Rigaud et Largillière, il a laissé de nombreuses effigies de la famille royale de Saxe ainsi que de la haute société de Dresde et de Varsovie, notamment les portraits équestres d'Auguste II et du Prince héritier Frédéric-Auguste et le joli portrait de la princesse Marie Josèphe de Saxe en Flore (1747, château de Moritzburg). Auguste III lui commanda également un tableau commémorant l'Entrevue de Neuhaus (1737), sur lequel figuraient les principaux personnages de la cour de Saxe (tableau détruit en 1945 ; esquisse au Louvre).

Parmi les rares compositions religieuses de Louis le Jeune, un Christ en croix formé par des nuées (château de Moritzburg) nous conserve le témoignage d'une apparition, que l'artiste a rendue avec une grande liberté de facture.

En 1748, âgé de soixante-quatorze ans, Louis de Silvestre (il avait été anobli en 1741) demanda l'autorisation de rentrer en France, où il prit en 1752 la succession de C. A. Coypel comme directeur de l'Académie. Il exposa encore aux Salons de 1750 et de 1757, et il s'éteignit, plus qu'octogénaire, en 1760, laissant à la postérité une œuvre abondante, qui puise à des sources diverses sans parvenir le plus souvent à une synthèse originale.