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Daniel Seghers

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre flamand (Anvers 1590  –id. 1661).

Il fut, en 1610, à Anvers, l'élève de Jan Bruegel de Velours, à qui il emprunta la finesse de son coloris et sa facture achevée. Maître à Anvers l'année suivante, Seghers entra en 1614 dans la Compagnie de Jésus à Malines et, de 1618 à 1621, travailla pour la maison professe d'Anvers. En 1625, il prononça à Bruxelles ses vœux définitifs et, dès lors, signa ses tableaux " Daniel Seghers Soc. [Societatis] Jesu ". La même année, il partit à Rome pour un séjour qui, semble-t-il, ne lui apporta guère. Il était de retour à Anvers en 1628. Ses guirlandes et ses bouquets de fleurs furent peu commercialisés, mais destinés surtout, par les Jésuites, aux grandes familles régnantes d'Europe, auprès desquelles Seghers devint bientôt célèbre. En remerciement, Frédéric-Henri de Nassau, en 1645, fit don à l'artiste d'une cassette contenant une croix d'or évaluée à 3 000 florins. Guillaume II d'Angleterre lui envoya une palette d'or et des pinceaux à manche d'or. Ferdinand d'Autriche visita son atelier en 1635, ainsi que Charles II d'Angleterre en 1649.

Un catalogue de son œuvre, dressé par l'artiste lui-même et comportant 239 numéros avec l'indication de ses clients, a été retrouvé récemment.

Seghers est le créateur d'un type nouveau de guirlandes de fleurs correspondant à l'esthétique et au goût ornemental baroque. Son maître, Jan Bruegel, disposait auparavant de simples guirlandes autour d'un médaillon central. Seghers créa de véritables trompe-l'œil en suspendant au-dessus d'une niche ou d'un médaillon, peints en camaïeu, des amas de fleurs entremêlées, des branches, des brindilles. L'ensemble se détachant sur un fond sombre laisse croire à un monument de pierre tout fleuri. Le décor sculpté et illusionniste comporte, le plus souvent, une image pieuse ou un portrait peint par d'autres artistes. La preuve en est donnée par plusieurs Guirlandes entourant un médaillon vide (Prado ; Copenhague, S. M. f. K. ; musée de Gand) ; c'est ainsi que le Triomphe de l'Amour (Louvre) exécuté à Rome, entre 1625 et 1627, comporte un motif central de la main de Dominiquin. Les principaux collaborateurs anversois de Seghers furent Gonzales Coques (Portrait d'homme, musée d'Anvers), T. Willeboirts Bosschaert (la Vierge à l'Enfant, 1645, Mauritshuis), Cornelis Schut (Cartouche avec saint Ignace de Loyola, 1643, musée d'Anvers) et E. Quellinus (Vierge à l'Enfant adorée par un jésuite, Hambourg, Kunsthalle). Le musée de Montpellier conserve, provenant de la collection de l'archiduc Léopold-Guillaume, une importante Guirlande de fleurs entourant une Vierge et l'Enfant adorés par saint Léopold (1647) dont le médaillon central est peint par Diepenbeck. La suavité du coloris de Seghers, sa facture lisse aux couleurs vives, sans ombres, rendirent célèbres sa guirlande avec le Christ et sainte Thérèse d'Ávila (musée d'Anvers) et sa Sainte Thérèse entourée de fleurs (Anvers, maison de Rubens). L'artiste peignit aussi sur cuivre ou sur bois de simples et élégants Bouquets de fleurs (Toledo, Ohio, Museum of Art, 1635 ; Dresde, Gg ; Anvers, musée Mayer Van den Bergh ; musée de Bamberg).

Un nombre considérable d'imitateurs, tels que A. Bosman, J. Ph. Van Thielen, Frans Ykens et même Jan Van Kessel, s'inspirèrent de ses trompe-l'œil fleuris.