En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Bernard Schultze

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre allemand (Schneidemühl, Prusse-Orientale,  1915-Köln 2005).

Il étudie la peinture aux Académies de Berlin et de Düsseldorf. Mobilisé de 1939 à 1944, après une période figurative assez expressionniste, il passe peu à peu à une Abstraction informelle et colorée héritée surtout de Wols, dont l'influence sur son œuvre demeure durable à travers ses curieux avatars. Après la guerre, il expose à Mannheim (gal. Egon Guenther, 1947) et dans plusieurs villes allemandes ; il voyage et séjourne à Paris de 1945 à 1947 et en 1952-53 et participe à l'activité du groupe Phases et à l'exposition allemande du cercle Volney (1955). Il expose à Paris en 1956 (studio P. Fachetti, préface de Will Grohmann). Schultze s'installe à Francfort, où il forme avec Karl Otto Götz, Heinz Kreutz et Otto Greis, le groupe tachiste Quadriga. Vers 1957, il commence à introduire dans sa peinture des matériaux divers : paille, débris de tissus ou de cordages, qui sont encore comme englués dans la matière picturale, mais vont peu à peu s'en échapper pour donner naissance à de curieux " reliefs ". Ceux-ci se passeront bientôt de cadre et presque de support : un grillage léger, une fine armature de branches ou de fils de fer suffiront pour édifier ces constructions fragiles, lacunaires et comme rongées de l'intérieur par quelque horrible maladie, qui descendent parfois du mur et dont certaines se répandent jusqu'à terre (le Memo de Malone, 1961, Paris, M. N. A. M.). Mais les couleurs riantes, fraîches, fleuries des œuvres de Schultze sont là pour établir — non sans humour — l'équivoque de ce baroque fantastique, de ces floraisons morbides proliférant comme les champignons de Ionesco. Les dessins et collages de la même période gardent ces tons acidulés ou douceâtres au service d'un trait d'une finesse et d'une acuité très grandes. Après ces deux expositions particulières à Paris en 1958 et en 1962 (gal. Daniel Cordier), Schultze crée une sorte de personnage mythique, Migof, prétexte et objet de ces fêtes baroques qui se déploient bientôt dans l'espace, envahissant des pièces entières (le Grand Labyrinthe-Migof, 1966). Au cours des années 1970, Schultze réalise une série de peintures incluant des figures zoomorphes tirées de la mythologie grecque (Migof-Parthenon II, 1972, Cologne, musée Ludwig), ainsi que de grands paysages en teinte pastel, à l'huile (Colosse de ..., 1977, Francfort, M. A. M.) ou à l'aquarelle (Paysage héroïque, 1979, Hambourg, Kunsthalle). En 1978, il présente à Hambourg un environnement Migof composé de plusieurs pièces. Ses œuvres figurent dans les musées de Darmstadt, Duisburg, Hagen, Kassel (Triptyque de Migof, collage, 1964), Paris, M. N. A. M., Wiesbaden, Wuppertal (Obiit, collage, 1958), Bochum (Jour de vanité. Migof, 1968). Le C. N. A. C. de Paris lui a consacré une rétrospective en 1970, ainsi que la Kunsthalle de Düsseldorf, en 1980.