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Martin Johann Schmidt

dit Kremserschmidt

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre autrichien (Gräfenwörth, près de Krems, 1718  – Stein 1801).

Il se forma auprès de son père, Johannes, sculpteur venu de Hesse s'établir en Autriche en 1710, puis chez J. G. Starmayr de 1732 à 1737, avec qui il exécuta sa première fresque au plafond de la salle du conseil de Retz (1741), enfin grâce à l'étude assidue des gravures. On suppose aussi qu'il fit un court voyage à Venise avant 1745, comme tendent à le prouver son style et l'importance qu'il accorde à la couleur. Les figures, peu nombreuses et de très grande taille, de ses débuts (Saint André embrassant sa croix, 1745, château de Goldegg) font place à des scènes plus dramatiques et plus mouvementées (Saint Nicolas, patron des bateliers, 1750, église de Stein) ou plus gracieuses (Sainte Famille, 1752, église de Moritzreith). En 1756, Schmidt trouve la voie des grandes compositions avec son Ascension (Krems, église des piaristes) et peint un cycle de 4 fresques largement brossées de la Vie de Marie dans la chapelle de l'abbaye de Herzogenburg. Cette même année, il obtient ses droits de bourgeoisie dans les villes attenantes de Krems et de Stein et prend plus tard une part active à la vie publique de la cité. Il séjourne sans doute à Vienne en 1764-65. Il est nommé membre de l'Académie impériale en 1768 sur présentation de 2 morceaux de réception, l'Arbitrage de Midas entre Apollon et Marsyas et Vénus dans la forge de Vulcain (Vienne, Österr. Gal.). Son désir de s'assimiler au goût cultivé de l'époque le portait vers les sujets mythologiques, où il se montre pourtant plus simple et plus prosaïque que dans les thèmes religieux, ou vers la peinture de genre, qui illustre son humour et ses dons d'observation (le Concert de chambre, Vienne, coll. part). En 1777, il travaille à Salzbourg pour l'abbaye Saint-Pierre, qui conserve des esquisses et un Portrait de l'abbé Beda Seeauer. Il est plusieurs fois appelé à Vienne pour faire des portraits des Habsbourg. Vers 1780, il exécute la décoration de la chapelle du palais Gruber à Ljubljana. Sa renommée s'étend à travers toute l'Europe centrale, surtout en tant que peintre de tableaux d'autel, et il voyage pour satisfaire des commandes, parfois des cycles entiers : Salzbourg, abbaye Saint-Pierre ; Pyrhn, hôpital ; Sankt Pölten, église des Franciscains ; Aschbach, église abbatiale ; Melk, église paroissiale. Le musée de Graz conserve une collection importante de ses peintures, très appréciées au xviiie s. dans cette ville (l'Annonciation). L'abondante production de l'artiste (un millier de toiles, une quarantaine de fresques et une trentaine de gravures) illustre la diversité de ses goûts. La couleur est l'élément essentiel de son art : d'une chaude pénombre surgissent quelques rehauts intenses marquant les acteurs principaux, frappés par une lumière vive et éparse. Schmidt trouve une note très personnelle dans ses petits tableaux sur cuivre (Fuite en Égypte, 1767, Seitenstetten, abbaye bénédictine), où l'aspect anecdotique, l'intimité et l'agrément prennent le pas sur le drame.