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Karl Schmidt-Rottluff

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre allemand (Rottluff, près de Chemnitz, Saxe, 1884  – Berlin 1976).

À partir de 1897, il fait ses études à Chemnitz, où il se lie avec Heckel (1901) ; il le retrouve à l'école technique supérieure de Dresde et participe à la fondation de Die Brücke en 1905. De bonne heure, ses gravures sur bois, où l'influence du Jugendstil est d'abord sensible, le montrent en possession d'une technique solide (Femme au chapeau, 1905) ; en 1906, il aborde la lithographie, et ses premiers tableaux paraissent débiteurs de l'impressionnisme dru, traité dans une matière épaisse, alors pratiqué par Nolde, qu'il accompagne à Alsen la même année (Jour de vent, 1907). Il se consacre beaucoup à l'aquarelle en 1909 (Paysage de Dangast) ; ces diverses expériences, ainsi que sa maîtrise dans le bois gravé (Deux Femmes, 1910, musée de Kiel), hâtent l'évolution de l'artiste en faveur d'un style aux simplifications parfois sommaires, où la couleur, sans aucun modelé, est répartie en vigoureux contrastes (la Lecture, 1911 ; Portrait de Rosa Shapiro, 1911, Berlin, Brücke-Museum). Cette recherche de synthèse expressive est la mieux illustrée par les paysages exécutés au cours de séjours en Norvège et sur les bords de la Baltique (Lofthus, 1911, musée de Hambourg ; le Soleil dans les pins). À Berlin, où Schmidt-Rottluff s'installe en 1911, son amitié avec Feininger et l'influence croissante de l'art nègre le confirment dans son souci de construction rigoureuse et il traite plus fréquemment le thème de la baigneuse (Quatre Baigneuses sur la plage, 1913 ; Femme au collier, 1914, gravure sur bois, Stuttgart, Staatsgal.). Sa première exposition particulière a lieu en 1914 dans la gal. Gürlitt. Mobilisé en mai 1915, il peut cependant graver et commence (1917-18) une suite de bois consacrés à des sujets tirés de l'Ancien Testament, œuvres magistrales, d'une conduite très sévère, où les noirs en plages très denses l'emportent sur les zones claires (le Christ et la femme adultère, 1918 ; la Prophétesse, 1919) ; il exécute aussi des sculptures qui démarquent, presque littéralement, comme celles de Kirchner et de Pechstein, la plastique africaine. Il voyage en Italie en 1923, se rend à Paris en 1924 ; en 1928 et 1929, il séjourne dans le Tessin ; de 1928 à 1932, il passe ses étés à Jershäft, village de pêcheurs poméranien.

La période de détente qui s'ouvre v. 1922 se signale par une grande activité graphique (bois, lithos, eaux-fortes, aquarelles) qui demeure, après l'époque de Die Brücke, le meilleur de l'œuvre de Schmidt-Rottluff (Paysan martelant sa faux, 1924, eau-forte ; Lune sur le village, aquarelle, 1924, Düsseldorf, K. M.). Le thème gravé de la Ville dans la montagne est souvent repris entre 1922 et 1926. Désormais, dans ses gravures comme dans ses tableaux, où la couleur est toujours privilégiée, tantôt le peintre traite le motif avec une familiarité plus attentive au réel, tantôt il revient à la stylisation (la Promenade, 1923, Berlin, Brücke-Museum ; Dunes à l'arbre mort, 1937). Le gouvernement nazi lui interdit de peindre en 1941 et il se retira à Chemnitz de 1943 à 1947, date à laquelle il revint à Berlin. Il peint, après cette date, de nombreux paysages composés par grands plans de couleurs vives (l'Embarcadère sur la rivière, 1959, Schleswig-Holsteinisches Landesmuseum, Schleswig). Dernier survivant du groupe, l'artiste a fondé en 1967 un musée Die Brücke à Berlin. Schmidt-Rottluff est représenté dans la plupart des musées allemands, en particulier à Berlin (Brücke-Museum), au musée de Hambourg ainsi qu'à Londres (Tate Gal.) et à New York (M. O. M. A). Une exposition rétrospective de son œuvre a eu lieu à Essen en 1964 et une exposition à Salzbourg (Rupertinum Modern Galerie) en 1996.