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Antonio Saura

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre espagnol (Huesca 1930-Cuenca 1998).

Il commence à peindre en 1947 à la suite d'une longue maladie. Ses débuts sont marqués par le Surréalisme (paysages du subconscient) et il pratique l'automatisme. Son dynamisme fait bientôt éclater les formes, qui explosent dans une Abstraction lyrique de caractère expressionniste. En même temps, la technique d'Antonio Saura s'enrichit par l'emploi de matières diverses qui ajoutent à la densité de ses couleurs sourdes. Dans les toiles de cette époque, on remarque aussi des effets de grattage et de larges coulures. Ces investigations dans la Non-Figuration informelle aboutissent, v. 1956, à l'irruption d'apparences de personnages imaginaires. Dès lors, Saura ne peindra et ne dessinera plus que des figures singulièrement " défigurées " par la tension qui les anime et la cruauté agressive qu'elles expriment.

Foncièrement espagnol, son œuvre traduit le sentiment tragique de la vie, l'angoisse de la destinée et atteint, par l'intensité du noir et du blanc, à peine tempérée par les demi-teintes du gris argent, à une somptuosité funèbre. Saura vit à Paris et à Madrid, où il a fondé en 1957 le groupe El Paso avec ses compatriotes Millares, Canogar et Feito.

La même année, il a montré pour la première fois à Paris quelques-unes de ses peintures à la gal. Stadler, qui a organisé de très nombreuses expositions particulières de son travail depuis 1959. Il a exposé aussi à New York à la gal. Pierre Matisse (1961, 1964). Ses portraits convulsifs et tourmentés sont souvent réalisés dans des tons sourds où noir et gris dominent (Philippe II, 1967 ; le chien de Goya n° 3, 1985). À côté de ses peintures, il a exécuté de nombreuses œuvres graphiques, des découpages, des collages, en utilisant une technique mixte d'huile et d'encre.

En 1979, le Stedelijk Museum d'Amsterdam lui consacre une importante rétrospective, réunissant les œuvres réalisées depuis la fin des années 40. Cette exposition est constituée de la plupart des séries représentatives de l'œuvre : Dames, 1953-1962 ; Autoportraits 1959-1966 ; Cruxifixions, 1957-1977 ; Portraits imaginaires, depuis 1958 ; la Maison du sourd (d'après Goya), 1972-1973. Antonio Saura est représenté dans de très nombreux musées internationaux, notamment à Barcelone (M.A.M. : Paule, 1959), à Amsterdam (Stedelijk Museum : Infante, 1960), à Pittsburgh (Carnegie Inst. : Portrait imaginaire de Goya, 1963), à Paris (M.N.A.M. : Portrait imaginaire de Tintoret, 1967 ; Diada, 1978-1979), à New York (M.O.M.A. et Brooklyn Museum), à Stockholm (Moderna Museet).