En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Sarkis Zabunyan, dit Sarkis

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Artiste arménien de Turquie (Istanbul 1938).

Après une brève période de peinture — notamment des utilisations répétitives de pochoirs —, Sarkis abandonne radicalement toute tradition picturale ou sculpturale pour entreprendre un travail d'assemblage de matériaux tout à la fois " pauvres " et riches en connotations : goudron et papier goudronné, éléments électriques puis électroniques, caoutchouc, etc., évoquent une sorte d'activité rudimentaire, de bricolage prémoderne ou para-industriel. Il utilise des magnétophones crachotants, des bandes magnétiques déroulées, des projecteurs qui font danser sur les murs des silhouettes de bateaux de guerre — mais aussi des ampoules nues et faibles, etc. Piece (1974-1976) évoque directement une installation muséale, avec sa vitrine solennelle renfermant deux vieux fusils rouillés, des boîtes métalliques grises, des disques, etc., transformant la guerre en une sorte de vestige qui conserve son potentiel agressif. La statuette d'un forgeron de bronze, mise en de multiples situations depuis 1985 environ, portant ou non un masque à l'effigie de l'artiste lui-même, rejoint des travaux d'assemblage rustiques (en bois ou en cornières métalliques, accompagnés ou non de néons de couleur) pour constituer un commentaire subtil de l'activité artistique (Une étoile rouge et verte, 1989, fer et néons), à la fois révélatrice (lumière, projection) et manipulatrice tout autant qu'obscure (la thématique guerrière trouvant ainsi un sens détourné). Sarkis a participé à la plupart des grandes expositions collectives depuis une dizaine d'années (Documenta 7, Kassel, 1982 ; Electra, M. A. M. de la Ville de Paris, 1983, etc.) ainsi qu'à des initiatives " off " devenues historiques, comme " Pierre et Marie " (de 1982 à 1984, dans une chapelle désaffectée en attente de destruction, 36 rue d'Ulm à Paris).

Réfractaire à l'idée de rétrospective, Sarkis a montré annuellement son travail dans de multiples musées et centres d'art à travers l'Europe (Bonn, Kunst-und Ausstellungshalle, 1995-96), et ses œuvres sont visibles au M. N. A. M.-Beaubourg, au musée d'Art moderne de la Ville de Paris, dans les musées de Strasbourg, de Saint-Étienne, de Nantes, de Bâle (Suisse) et d'Ålborg (Danemark).