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Lorenzo Salimbeni

dit Salimbeni da San Severino

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (San Severino, Marches, 1374  – id. [ ?] avant 1420).

Il a signé et daté de 1400 un triptyque (Mariage mystique de sainte Catherine, San Severino, pin.) qui le désigne comme l'un des premiers adeptes italiens du style gothique international. Peut-être y fut-il initié, dans les Marches même, par Zanino di Pietro ; sa manière révèle en tout cas une parfaite connaissance des précieux modes lombards et même nordiques. Les fresques de la crypte de la collégiale de S. Ginesio (la Vierge et l'Enfant, Martyre de saint Étienne et saint Ginesius, Scènes de la vie de saint Blaise), qui datent de 1406, confirment cette orientation. Des autres œuvres de l'artiste (fresques demeurées dans les églises de San Severino ou transférées à la pin. de cette ville), deux ensembles se détachent, tous deux exécutés avec la collaboration du frère de Lorenzo, Jacopo (documenté de 1416 à 1428)) : les fresques d'une chapelle de la cathédrale de San Severino (Scènes de la vie de saint Jean l'Évangéliste), montrant une singulière vivacité narrative, et surtout les fresques de l'oratoire de Saint-Jean à Urbino, qui portent la signature des deux frères et la date de 1416. Il s'agit d'un des chefs-d'œuvre européens du Gothique courtois. Les Salimbeni y ont représenté le Calvaire avec de nombreux personnages, la Madone du paradis, la Madone avec saint Jean-Baptiste et saint Sébastien et une suite de 12 Scènes de la vie de saint-Jean-Baptiste, où l'histoire sacrée est interprétée avec une verve stupéfiante. Chaque épisode, traité comme une scène populaire ou mondaine, fournit aux artistes prétexte à exalter la richesse chromatique ou le pittoresque des costumes, la variété des végétations ou des architectures, mais aussi permet de prouver leur sensibilité expressive. Mêlant l'élégance linéaire la plus raffinée et la plus fluide (où certains critiques reconnaissent la marque de Lorenzo) à un naturalisme fort savoureux (qui serait plutôt le fait de Jacopo), les deux peintres réalisent ici l'accord subtil entre l'abstraction décorative et la vision cordiale de la réalité qui caractérise les meilleurs peintres qui se situent dans la tradition du Gothique courtois et singulièrement leur grand contemporain et compatriote Gentile da Fabriano.