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Andrea Sacchi

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Nettuno, Latium, 1599  – Rome 1661).

Élève de l'Albane à Rome et à Bologne, Andrea Sacchi est à Rome depuis 1627, employé surtout par le cardinal Antonio Barberini. Sa carrière est jalonnée d'importantes commandes : Vision de saint Isidore (1622, Rome, église Saint-Isidore) ; Allégories des Quatre Saisons (v. 1626-1629) ; fresques de la villa Chigi (auj. Sacchetti) de Castelfusano, décorée surtout par Pietro da Cortona ; Naissance de la Vierge (v. 1628-29, Prado). Le Triomphe de la sagesse divine (Divina Sapienza) du palais Barberini (plafond de la Sala del Mappamondo), mené à bien de 1629 à 1633, constitue une œuvre clé de la peinture romaine au moment le plus fort de l'antagonisme Disegno-Colore, qui dressait les peintres les uns contre les autres : cette œuvre témoigne chez Sacchi, après des œuvres franchement baroques, de la maîtrise nouvelle d'un baroque " purifié ", orienté vers des effets plus simples et plus pondérés que ceux de Bernin et de Pietro da Cortona. Raffinement de l'effet coloré, absence de contrastes violents, tranquillité rassurante des attitudes, clarté d'une composition qui use de rythmes larges et harmonieux, tout s'oppose à la fiévreuse et scintillante dispersion des grands décors cortonesques. Dans la Rome des années 30, théâtre d'expériences et de découvertes, l'artiste prend ainsi place de chef d'école ; des mêmes années datent la célèbre Vision de saint Romuald (v. 1631, commandée pour S. Romualdo, église détruite, auj. au Vatican) et l'Agar et Ismaël dans le désert (1631, Florence, coll. Corsini).

Sacchi voyage ensuite, après 1635, en Italie du Nord (Bologne, Venise, Parme, Modène), et sa palette se ressentira des exemples bolonais et vénitien. Membre de l'Académie de Saint-Luc, l'artiste sera élu " prince " en 1656, mais refusera cet honneur. Il travaille à S. Giovanni in Fonte (Vie de saint Jean-Baptiste, 1639-1649) ; il donne une Mort de sainte Anne (1648-49, Rome, S. Carlo ai Catinari), un Saint Jean-Baptiste dans le désert (v. 1650, Fabriano, S. Niccolo) ; le Songe de saint Joseph sera une de ses ultimes commandes (1652, Rome, S. Giuseppe). Sacchi peignit aussi certains des meilleurs portraits de l'époque : ceux d'Urbain VIII et du Cardinal Francesco Barberini sont perdus, mais restent ceux de Monseigneur Merlini (Rome, Gal. Borghese), du chanteur M.-A. Pasqualini (New York Metropolitan Museum), d'un Cardinal (Ottawa, N. G.). Ses dessins, souvent des études de drapés, tout frémissants, animés de rehauts clairs et d'accents noirs, nous sont parvenus nombreux (Louvre, musée de Darmstadt, admirables ensembles à Düsseldorf et à Windsor Castle).

Le rôle capital de Sacchi, longtemps considéré comme un artiste de second plan, n'a été bien apprécié que par la critique récente, qui a fait justice des reproches de froideur et de dogmatisme qu'on lui adressait, mettant en lumière l'autorité architecturale de ses compositions, la noblesse de son dessin et la richesse dramatique de sa palette.

Son influence compta dans la formation romaine de Poussin, qui fréquenta son atelier après 1631, date du départ pour Naples de Domenichino ; Sacchi fut très lié à Duquesnoy, lui-même grand ami de Poussin. Il fut le maître de Carlo Maratta : son art eut, à travers celui-ci, des prolongements dans toute la peinture romaine du xviiie s.