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Ker Xavier Roussel

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Lorry-lès-Metz, Moselle, 1867  – L'Étang-la-Ville, Yvelines, 1944).

La rencontre décisive de sa vie fut celle de Vuillard, son camarade au lycée Condorcet, qu'il orienta vers la peinture, dont il épousa la sœur (1893) et qui fut le compagnon fraternel de son existence. En 1888, ils fréquentent l'académie Julian, se lient avec Bonnard et forment le groupe des Nabis. Roussel expose en 1891 chez Le Barc de Boutteville, en 1901 aux Indépendants, en 1904 au Salon d'automne, puis chez Bernheim-Jeune en 1906. Cette même année, avec Maurice Denis, Roussel va rendre visite à Cézanne à Aix-en-Provence. Il entreprend en 1909 de grandes décorations pour les Bernheim et Lugné-Poe, en 1913 le rideau de la Comédie des Champs-Élysées, puis il réalise des décorations en 1915 au musée de Winterthur (Suisse), en 1936 au palais des Nations à Genève (Pax Nutrix), en 1937 au palais de Chaillot (la Danse). En 1930, il a un atelier chez Vollard, où il pratique activement la lithographie. La plupart de ses œuvres furent exposées avec celles de Vuillard ou du groupe des Nabis. La dernière exposition, particulièrement importante, est la rétrospective Vuillard-Roussel, à Munich et à l'Orangerie de Paris, en 1968.

À ses débuts, l'art de Roussel s'apparente de près à celui, familier et intimiste, de son ami Vuillard et à l'esprit symboliste des Nabis : Femme en peignoir bleu moucheté (1891) et premiers panneaux décoratifs de l'artiste (les Saisons de la vie, 1892). Mais, au lieu de développer l'analyse des intérieurs, comme Vuillard, Roussel s'orienta vers l'univers spirituel et poétique du Symbolisme, poursuivant un rêve de chaleur et de sensualité (Baigneuses, v. 1903). La découverte du Midi en 1906 transforma sa palette dans le sens d'une luminosité sereine. Désormais, Roussel trouve sa voie personnelle dans des thèmes d'une mythologie gracieuse, parmi des paysages ruisselant de soleil : Vénus et l'Amour au bord de la mer (1908), l'Enlèvement des filles de Leucippe et le Cortège de Bacchus, tous trois à Paris (musée d'Orsay). Faunes et nymphes, bergers d'Arcadie, idylles des dieux peuplent des paysages verdoyants sous un ciel éternellement bleu, dans une atmosphère de joie intemporelle (l'Été, v. 1910, Brême, Kunsthalle ; Idylle, 1929). L'artiste exprime les rêves païens qui hantèrent l'âme française de Poussin à Mallarmé. Il est représenté dans les musées de Saint-Tropez, Lyon, Grenoble, Moscou, Helsinki et Copenhague. Une exposition regroupant plus de 180 peintures, dessins et gravures de Ker Xavier Roussel a été présentée (Saint-Germain-en-Laye, musée départemental Maurice-Denis) en 1994.