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François Rouan

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Montpellier 1943).

Après ses études à l'École des beaux-arts de Montpellier, puis à celle de Paris (atelier de Roger Chastel), il travaille avec des papiers gouachés et découpés avant d'entreprendre des œuvres de papiers tressés, puis de tissus tressés. Dans le courant des " héritiers de Matisse à travers l'école américaine ", qui constitue une part de la Nouvelle Abstraction, sa technique personnelle, développée à partir de 1969 après deux ans d'interruption d'activité picturale, apparaît comme une démarche à la fois pratique et théorique, puisque le tressage concerne toutes les étapes de la réalisation matérielle du tableau et tous les aspects de sa conception. Par le découpage en bandes de deux toiles, puis le tressage suivi de reprises et de retouches, la toile définitive est constituée dans un processus dialectique qui débouche, de 1971 à 1974 (à la Villa Médicis de Rome, où le peintre se consacre également à la gravure), sur la réalisation des douze Portes (chacune a reçu le nom d'une porte de Rome) : dans des couleurs sourdes, essentiellement des noirs, des réseaux de lignes et de structures se confrontent et s'organisent avec la trame du tressage dans un ensemble dense et somptueux. Dans une seconde série de Portes, le peintre inclut des données nouvelles, ni abstraites ni strictement géométriques, mais qui sont des morceaux ou des structures de paysage qui se multiplient dans le dessin et qui fournissent le sujet de nombreuses études à l'encre, à l'aquarelle ou au crayon. Cette expérience, toujours renouvelée, a donné des œuvres comme le tondo Jardin-Marbre vert (1973-1975) ou Marbre-Figure (1976), dominées par les rythmes des formes, des espaces et de la couleur. À partir de 1980 avec la série des Coffrets (Cassone), la " mise en tresse " des matériaux se fait désormais à la surface même du tableau, et la présence de figures et de motifs empruntés le plus souvent à la peinture, à l'architecture ancienne est de plus en plus affirmée dans un coloris savoureux et brillant. Chaque tableau porte ainsi témoignage de l'histoire de la peinture, et voit l'affleurement de motifs de prédilection (Lorenzetti, Poussin). À partir de 1982-83 se fait jour la violence, avec le visage de la mort et la prédominance du noir et blanc : séries Selon ses faces et Volta baccia, regard vers les masques africains et Picasso, recours aux facettes, aux hachures et aux virgules. Les séries des années suivantes accueillent des figures de monstres, détruisent et reconstruisent le tableau à partir d'images de corps, d'oiseaux et de crânes : Son pied-la route, 1986, série des Stücke, et des Voyages d'hiver, 1988-90, des Jardin taboué, 1992-94, des Coquille, 1992-95. Le travail de Rouan apparaît, en face des innombrables émules de Duchamp, comme une proclamation de confiance en la peinture, traquée dans toutes ses possibilités expressives. Le M. N. A. M. de Paris, qui présenta une rétrospective de ses œuvres en 1983, le M. O. M. A. de New York, les musées de Grenoble et de Marseille possèdent de ses tableaux.

Des expositions rétrospectives ont été consacrées à François Rouan à la Kunsthalle de Düsseldorf en 1979-80 et dans le même lieu et au musée de Villeneuve-d'Ascq en 1994-95. Il a réalisé les cartons de 9 vitraux pour l'église S. Jean-Baptiste de Castelnau-le-Lez (1995).