En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

prix de Rome

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Pension attribuée par voie de concours à de jeunes artistes pour leur permettre de parfaire leurs études dans l'établissement de l'Académie de France à Rome. Ce terme désigne le lauréat de chacune des sections du concours (peinture, sculpture, gravure, architecture, composition musicale) et les œuvres primées.

Le premier concours pour le prix de Rome de peinture fut organisé par Colbert en 1663. L'attrait de l'Italie était tel que 2 " premiers grands prix " furent désignés avant même l'élection du directeur de l'Académie de France, et c'est à l'occasion du 3e concours, en 1664, que les lauréats eurent la promesse que la pension à Rome leur serait accordée par le roi, pendant trois ans et quatre mois. Les premiers élèves inaugurèrent l'établissement français en 1666, sous le directorat d'Errard. En 1674, un règlement s'élabora : les candidats seraient jugés sur des sujets peints à l'huile et non sur des dessins ; les tableaux devraient avoir " deux pieds et demi de haut sur trois pieds et demi de large ". Comme pour les morceaux de réception, les sujets de composition étaient fournis par l'Académie. À l'exception du premier concours, qui vit récompenser des sujets libres, ils étaient en général tirés de la Bible, de la mythologie et avaient presque toujours un caractère allégorique. À partir de 1762, les sujets d'histoire ancienne se substituèrent aux sujets bibliques. Durant l'Ancien Régime, les pensionnaires à Rome n'étaient pas toujours strictement lauréats au concours, car le directeur des Bâtiments conservait la faculté d'attribuer la pension à quelque protégé. Il arrivait aussi parfois que, par pénurie du trésor royal, les pensionnaires ne fussent pas envoyés en Italie (par exemple, Bon de Boullogne en 1669), ou qu'ils fussent dispensés du séjour (Rigaud en 1682). L'Académie ayant été supprimée par la Convention en 1792, le concours fut réinstitué en 1797.

À partir de 1800, la jouissance de la pension à Rome constitua un droit pour les lauréats ayant remporté les premières places dans les concours annuels. C'est à partir de 1803 que la Villa Médicis devint leur résidence. Depuis cette époque, le règlement du concours ne cessa de se modifier. Aux sections de peinture et de taille-douce, dont les épreuves avaient lieu tous les deux ans, s'ajouta, tous les quatre ans, celle de paysage historique, créée en 1817 sur proposition de Guérin et supprimée en 1863. À l'exception de la période comprise entre 1864 et 1871 (durant laquelle elle fut confiée à un jury spécial), l'organisation de concours appartenait à l'Institut (classe des beaux-arts). Le règlement le plus récent reposait pour l'essentiel sur le décret du 13 novembre 1871. Pour la peinture, le concours comprenait deux épreuves d'essai et une épreuve définitive. Le premier concours d'essai consistait dans la présentation de 3 œuvres peintes, de format 60 (130 × 97 cm), par tout candidat français remplissant les conditions d'âge fixées et pouvant fournir un certificat d'aptitude délivré par un professeur des écoles d'enseignement artistique ou par un artiste connu. Dans la deuxième partie de ce concours d'essai, les candidats, isolés " en loge " durant quatre jours, exécutaient une esquisse peinte sur toile de format dit " de 25 " (81 × 65 cm). À l'issue de ce deuxième concours, quinze candidats au maximum étaient retenus pour l'épreuve définitive : l'exécution en trois mois d'un tableau d'après cette esquisse, sur toile de format 120 " figures " (195 × 130 cm). Ces œuvres étaient exposées publiquement lors de la décision du jury.

Le prix de Rome ne fut pas toujours attribué aux meilleurs peintres, à qui l'on préféra souvent des talents moins brillants ; cependant, il convient de citer parmi les lauréats Rigaud (1682), Natoire (1721), Boucher (1723), Fragonard (1752), David (1774), Girodet (1789), Ingres (1801), puis J. H. Flandrin (1832), Bouguereau (1850), Henner (1858) et, au xxe s., Y. Brayer (1930) et Humbert (1938).

Propriété de l'Académie, les prix de Rome étaient placés en dépôt au Louvre. Sur l'initiative de la Convention, ils furent en partie restitués en 1793 aux peintres encore en vie. Ces œuvres sont actuellement conservées à Paris (E. N. B. A.).

Depuis 1968, le concours n'a plus lieu. Cependant, un décret du 16 septembre 1970 attribue aux jeunes artistes et chercheurs de différentes disciplines (arts plastiques, composition musicale, architecture, littérature, cinéma, théâtre, histoire de l'art) des bourses de séjour à l'Académie de France à Rome. Une commission d'admission sélectionne les candidats sur un dossier comportant les travaux et recherches effectués dans leur spécialité. Décernées par le ministère des Affaires culturelles, et non plus par l'Institut, ces bourses de séjour ne donnent plus droit à un diplôme ou à un titre.