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Georges Rochegrosse

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Versailles 1859  – El Biar, Algérie, 1938).

Formé dans l'atelier d'A. Dehodencq, il fréquenta ensuite l'Académie Julian où il suivit l'enseignement de G. Boulanger et de Lefebvre, et se lia d'amitié avec le peintre L. Doucet. Cet artiste fut avant tout un peintre d'histoire, et d'une histoire conçue de façon grandiose et théâtrale (Vitellius traîné dans les rues de Rome par la populace, 1882, musée de Sens ; Andromaque, 1883, musée de Rouen). Ces tableaux, d'un lyrisme tragique, sont exécutés dans une pâte épaisse et souple avec des effets brusques de couleurs violentes. Certains détails, visages ou natures mortes sont de véritables morceaux de bravoure (la Mort de César, 1887, musée de Grenoble). Rochegrosse se tourna ensuite vers une peinture plus symboliste, presque préraphaélite (le Chevalier aux fleurs, 1893, Paris, Orsay), et allia cette inspiration fantastique à son goût de l'Orientalisme dans des œuvres au coloris exaspéré qui rappellent par leur dépaysement les rêves barbares de Gustave Moreau (la Légende merveilleuse de la reine de Saba et du roi Salomon, triptyque, Salon de 1901, localisation inconnue). L'artiste fournit de nombreuses illustrations : dès 1878, ses dessins furent publiés dans la Vie moderne aux côtés de ceux de Forain ; il réalisa de nombreuses aquarelles pour illustrer Salammbô de G. Flaubert (1900). Sa technique est alors précieuse, ses tons, rares, en complet accord avec la sensibilité du romancier. Il illustra aussi les Burgraves de Hugo, la Samaritaine de Rostand, les Trophées de Heredia et les Princesses de Banville. Fréquentant les milieux symbolistes, il dessina des décors pour le théâtre de l'Œuvre de Lugné-Poe (la Belle au bois dormant de H. Bataille et R. d'Humières). Rochegrosse décora le grand escalier de la bibliothèque de la Sorbonne (le Chant des Muses éveillant l'âme humaine, 1898) et exécuta des affiches (Pénélope de Gabriel Fauré, 1913) et des cartons de tapisserie (la Conquête de l'Afrique, Gobelins, exposée en 1900, Paris, Mobilier national).