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Jean-Paul Riopelle

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre canadien (Montréal 1923-manoir MacPherson, île aux Grues, Québec, 2002).

Riopelle quitte en 1944 l'École du meuble de Montréal, où il étudiait, pour se consacrer exclusivement à la peinture. Ses débuts sont marqués par l'art traditionnel, qu'il abandonnera par la suite. En 1946, il participe avec F. Leduc à la première exposition des " automatistes ", disciples de Borduas, à Montréal. Après avoir visité Paris, où il expose en 1947, et New York, où on le retrouve à l'Exposition surréaliste internationale, il quitte l'Amérique pour s'installer à Paris en 1948. Il continue à rencontrer F. Leduc et se lie avec Mathieu. Les toiles de Riopelle, qui est reçu par André Breton et ses amis, voisinent, dans l'exposition " l'Imaginaire ", avec celles de Wols, de Bryen, de Mathieu, d'Ubac. Plus soucieux de s'exprimer dans l'action que dans les colloques littéraires, Riopelle s'éloigne du groupe des surréalistes. Installé avec sa famille à Saint-Mandé, l'artiste traverse une période difficile de 1948 à 1954. Depuis 1946, date de sa rupture avec l'art figuratif, il substitue aux premiers paysages nocturnes, traversés par un mince réseau de lumière, une vision plus monumentale de la nature. Après l'utilisation de la technique tachiste, superficielle chez ce peintre (Boisées, 1949), une deuxième phase, v. 1950-51, qualifiée d'" égoutture dirigée " (Composition, 1950-51), devait aboutir à une plus parfaite maîtrise des matériaux : à la peinture directement appliquée avec le tube, Riopelle préfère l'utilisation du couteau, qui transforme, à la manière cézannienne, la surface peinte en un jeu de mosaïques coloré (Chevreuse, 1954, Paris, M. N. A. M.). Le paysage est évoqué à travers des plans de couleurs qui s'enchevêtrent (Pavane, 1954, Ottawa, N. G. ; Rencontre, 1956, Cologne, W. R. M.). Plus tard, en brisant la structure en mosaïque, il réintroduira la calligraphie de lignes serpentines par des réseaux de veines bleues, mauves et noires (Lunes sans l'autre, 1967). En même temps, son intérêt pour la sculpture l'amène à recréer dans sa peinture des formes plus figuratives : les surfaces se font plus larges, la pâte devient plus épaisse et est utilisée dans son relief (Dédorés, 1968 ; Poule d'eau, 1970). La fréquentation du Grand Nord est à l'origine des œuvres des années 1970-1975 : inspiration des jeux de ficelles esquimaux ou des moments naturels (Fonte, 1973), suivie en 1977-78 par une série de grands tableaux en noir et blanc, les Icebergs. En 1983, des formes animales, les Oies, prennent place, constituées des couleurs de peinture superposées à des fonds abstraits. Les toiles les plus récentes, en 1989, multiplient les effets de projection de peinture et de pochoir, ponctués régulièrement par des formes tirées de son bestiaire, mis en relation avec des entrecroisements de lignes. En 1990, son œuvre a fait l'objet d'une rétrospective à la fondation Maeght à Saint-Paul de Vence. Riopelle est représenté dans les grands musées canadiens, à Paris (M. N. A. M.), à Cologne (W. R. M.), à Londres (Tate Gal.) et à New York (M. O. M. A.).