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sir Henry Raeburn

John Sinclair
John Sinclair

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre écossais (Stockbridge, près d'Édimbourg, 1756  – Édimbourg 1823).

Son père était artisan lainier et lui-même fut d'abord forgeron. Son premier contact avec le monde des artistes date de l'époque où il put copier les œuvres du portraitiste David Martin, ancien élève de Ramsay. On compte, parmi ses premiers maîtres, David Deuchar, spécialiste de l'eau-forte et de la miniature, qui lui donnait une leçon d'une heure chaque soir après son travail. Il est probable que Raeburn s'initia à la technique de Romney et de Reynolds par le truchement des graveurs à la manière noire, qui diffusaient alors largement leurs œuvres.

Il partit pour Rome en 1784, où il rencontra Gavin Hamilton, et il revint à Édimbourg en 1787, où il s'établit comme portraitiste et connut immédiatement le succès. Il reçut la charge de miniaturiste de Sa Majesté en Écosse. Il se lia très tardivement avec le milieu artistique londonien, exposa pour la première fois à la Royal Academy en 1792 le Garçon au lapin, son morceau de réception (Londres, Royal Academy). Il ne sera élu R. A. qu'en 1815. Les contacts épisodiques et tardifs avec les ateliers londoniens, malgré le bon accueil qui lui fut réservé en 1810, s'expliquent par sa place enviable dans la société d'Édimbourg, opposée pour le monde des lettres de l'époque à la prédominance de Londres. Anobli en 1822 par le roi George IV lors de la visite de celui-ci à Édimbourg, Raeburn fut nommé l'année suivante, peu avant sa mort, King's Limmer d'Écosse, consécration exceptionnelle d'un des portraitistes les plus prolifiques de son époque avec les 1 000 portraits qu'on lui attribue. Le style de Raeburn, dont les peintures sont rarement datées, a peu évolué au cours de sa carrière. L'artiste s'était créé un langage pictural à la touche très libre, supprimant des détails et usant de contrastes audacieux d'ombre et de lumière, susceptible de donner cet étonnant chef-d'œuvre qu'est le portrait de Sir John et lady Clerk, propriétaires de Penicuik House (1792, Dublin, National Gallery of Ireland).

Très souvent, ses œuvres répètent les poses stéréotypées des portraits londoniens, attirant toutefois l'attention par une certaine simplicité : Mrs. Barbara Murchinson (1793, musée de Budapest). La rutilance des plaids écossais et les paysages des Highlands leur donnent une note d'exotisme et de pittoresque : portrait de MacNab (v. 1795, autref. coll. Mrs. Baillie Hamilton) ou du Colonel Alastair Macdonell of Glengarry (1812, Édimbourg, N. G.). Habile à portraiturer les enfants, Raeburn a peint très curieusement, dans un grand effet de contraste lumineux, le portrait de son Fils monté sur un poney (id.).

La majeure partie de la production de cet artiste, surnommé à juste titre le Lawrence écossais, protégée par l'isolement de la province, se trouve encore conservée dans les collections privées ou publiques d'Écosse. La N. G. d'Édimbourg conserve plus de 40 portraits de sa main, dont le très curieux Reverend Robert Walker patinant sur le Duddington Loch (1784). L'Art Gal. de Glasgow en possède une dizaine. Raeburn est moins bien représenté à Londres — au Courtauld Inst. et à la Tate Gal. : Bryce MacNurdo —, et une partie importante de son œuvre se trouve aujourd'hui dispersée dans les collections américaines. En France, le Louvre conserve un portrait d'officier, celui du Major Lee Harvey et celui de Miss Nancy Graham.