En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Mattia Preti

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Taverna 1613  – La Valette, Malte, 1699).

On sait peu de choses de la formation du jeune Preti, qui arriva à Rome vers 1630. Son premier contact avec le climat artistique romain fut orienté vers le Caravagisme nordique (Concert, mairie d'Alba), représenté à cette époque par Valentin, Serodine et le Néerlandais Mathias Stomer. Toutefois, Preti subit parallèlement l'influence du style néo-vénitien et put parfaire son enseignement au contact de Testa, de Mola et de Poussin entre 1630 et 1640 (Triomphe de Silène, musée de Tours ; Histoire de Moïse, musée Fabre, Montpellier) et lors de nombreux voyages qu'il effectua dans la péninsule, au cours des années 1640.

Dans la décoration à fresque de l'abside de S. Andrea della Valle (Scènes de la vie de saint André), exécutée en 1650 et 1651, à la dualité entre les composantes caravagesque et néo-vénitienne se substitue peu à peu chez Preti un goût marqué pour la culture émilienne, celle de Lanfranco et de Guerchin, évidente dans l'implantation large des compositions et dans un vigoureux luminisme. Les fresques de la coupole (le Paradis) de S. Biagio à Modène (1651-1653), où l'influence de Pietro da Cortona est sensible dans la recherche d'un rapport spatial matière-lumière qui assouplit la volumétrie compacte des formes, représentent alors la meilleure réalisation de Preti.

Il était présent à Naples dès 1653 et son second séjour qui dura jusqu'en 1660 marqua un retour aux anciennes tendances : des méditations sur Ribera, sur le luminisme de Caracciolo accompagnent un souvenir des modes de la culture vénitienne, donnant naissance à des œuvres très remarquables, comme le cycle des peintures illustrant des Scènes de la vie de sainte Catherine et de saint Pierre Célestin de S. Pietro à Maiella (1657-1659). Mais, pour Preti, le moment essentiel de cette période est la découverte de Giordano. C'est en effet à Luca Giordano que Preti doit sa nouvelle technique d'empâtement, son trait rapide et sommaire, dont le goût résolument baroque apparaît dans le Festin de Balthazar (Naples, Capodimonte), dans le Festin d'Absalon (id.), dans le Retour du fils prodigue (Naples, Palazzo Reale) ou dans les esquisses pour les Ex-voto de la peste de 1656 (1656-1659 ; Naples, Capodimonte).

Preti travaille à Malte de 1660 à sa mort ; ces quarante années d'activité hors du continent le détachent presque totalement de tout courant nouveau. Dans cette atmosphère provinciale, ses méditations se cristallisent en un langage immuable, d'un académisme apaisé, comme en témoignent la vaste entreprise décorative de l'église et de l'oratoire de S. Giovanni à La Valette et le Baptême du Christ (musée de La Valette).

L'œuvre de Preti est fort abondant. En dehors de l'ensemble capital de toiles conservées à Naples (Capodimonte), de celles qui sont restées dans les églises de Naples ainsi que dans celles de Taverna, d'une part, et de ses œuvres maltaises, de l'autre, on trouve de ses peintures dans la plupart des galeries de Rome et dans un grand nombre de musées du monde entier. Citons, parmi ceux qui conservent des chefs-d'œuvre du peintre, la Gg de Dresde, le Prado, l'Art Inst. de Dayton (Ohio), le Museum of Art de Toledo (Ohio), les musées de Grenoble, du Mans, de Chambéry et de Lyon, le K. M. de Vienne, la Brera, l'Accad. Albertina de Turin.