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les Pollaiolo ou les Pollaivolo

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Famille de peintres italiens.

Neveux d'un marchand de volailles (" pollaiolo ") du vieux marché de Florence, ils durent à cette parenté leur surnom.

Antonio di Jacopo d'Antonio Benci (Florence v. 1432 – Rome 1498) , le plus âgé et le plus doué des deux frères, fut également orfèvre et graveur.

Les premiers documents le concernant se rapportent à des travaux d'orfèvrerie, activité qu'il n'abandonnera jamais, même quand, considéré désormais comme l'un des plus fameux maîtres florentins de son temps, il reçoit d'importantes commandes de peinture. Il travaille beaucoup pour le baptistère de S. Giovanni, réalisant des reliquaires, des croix d'argent, des reliures de livres ; cette activité culmine en 1477 avec sa participation au célèbre retable d'autel en argent (Opera del Duomo) de Florence. Dès 1466, et toujours pour S. Giovanni, il commence les dessins pour les Scènes de la vie de saint Jean-Baptiste qui permettront d'exécuter les broderies des ornements du baptistère (id.).

Ses peintures les plus importantes — peu nombreuses — sont : l'Assomption de sainte Marie l'Égyptienne à l'église S. Maria de Staggia ; les Portraits de femme de profil de Berlin et du musée Poldi-Pezzoli à Milan ; l'Archange et Tobie de la Gal. Sabauda de Turin ; la " pala " avec les Saints Vincent, Jacques et Eustache à S. Miniato, en collaboration avec Piero et auj. aux Offices (commencée en 1467) ; les fresques très détériorées de la villa della Gallina à Florence, qui représentent une danse de personnages nus, cycle à mettre en relation avec l'unique gravure certainement de sa main, la Bataille des dix hommes nus (Cambridge, Mass.) ; les deux petites peintures Hercule et Antée, Hercule et l'Hydre (Offices) ; le grand panneau avec le Martyre de saint Sébastien (Londres, N. G.), que Vasari dit achevé en 1475 ; le David de Berlin ; enfin, parmi ses dernières œuvres, Apollon et Daphné (Londres, N. G.) et l'Enlèvement de Déjanire (New Haven, Yale University Art Gal.). Ses sculptures les plus connues s'intercalent dans cette production : Buste de guerrier (Florence, Bargello), Hercule et Antée (id.) et les deux monuments funéraires des papes (Vatican) exécutés à Rome avec son frère, le Tombeau de Sixte IV (1484-1492) et le Tombeau d'Innocent VIII, terminé en 1498.

Son maître restant inconnu, on peut penser qu'il se forma dans le milieu des orfèvres, des graveurs et des nielleurs de l'époque ; sa peinture, cependant, se rattache à celle d'Andrea del Castagno et à la sculpture de Donatello, surtout à celle de sa dernière période, dominée par un goût de l'enchevêtrement linéaire.

Comme plus tard chez Léonard et chez le jeune Michel-Ange, tous les caractères de l'art florentin de la seconde moitié du xve s. se trouvent résumés dans l'art de Pollaiolo. C'est ainsi que l'on peut noter dans son œuvre l'analyse impitoyable de cette parfaite machine qu'est le corps humain, une représentation exécutée au moyen d'une ligne nette et incisive, une forme tourmentée et nerveuse, souvenirs sans doute de son activité d'orfèvre et de graveur. Frappants, à cet égard, l'acuité de ses célèbres profils de femme, la silhouette bondissante des corps dans les Travaux d'Hercule, l'élan convulsif des figures dans les fresques de la villa della Gallina, les problèmes dynamiques et perspectifs dans lesquels se résolvent les corps du martyr et des archers dans le monumental Martyre de saint Sébastien de Londres (N. G.).

Piero di Jacopo d'Antonio Benci (Florence 1443 – Rome 1496) , son cadet de plus de dix ans, se forme dans son sillage et, dès l'âge de dix-huit ans, il participe à l'exécution des trois grandes toiles des Travaux d'Hercule (auj. perdues), qui furent commandées à Antonio par Piero de' Medici pour une salle du palais de la via Larga à Florence. Toujours avec Antonio, il collabore à la décoration de la chapelle du cardinal du Portugal à l'église de S. Miniato al Monte (la figure, assez faible, de saint Eustache de la " pala " auj. aux Offices est de sa main) et à l'édification des sépulcres pontificaux à Rome. C'est à la notoriété de son frère Antonio qu'il doit ses quelques commandes personnelles, telles les Vertus pour les dossiers des sièges du Tribunale della Mercatanzia (des marchands), aujourd'hui aux Offices (la Fortezza est l'œuvre de Botticelli) et la " pala " avec le Couronnement de la Vierge pour l'église S. Agostino à S. Gimignano (1483), son unique œuvre signée. Piero se révèle presque toujours inférieur à son frère : dans ses œuvres, la vitalité et l'intensité de la ligne d'Antonio se tempèrent et s'affaiblissent, la forme devient rigide, presque ligneuse, la couleur se fait plus dense et s'assourdit.