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Michelangelo Pistoletto

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Biella 1933).

Il est en Italie un des représentants les plus significatifs de ce qu'on appelle la " Nouvelle Objectivité " dans le courant du pop art. Après un apprentissage technique chez son père, restaurateur de tableaux, il devient peintre en 1960 : sa première exposition personnelle (Turin, gal. Galatea) le montre impressionné par Bacon tant dans la technique que dans le choix du thème de la " solitude ". Le motif de l'" homme-objet " inséré dans un environnement qui lui est étranger reste fondamental dans ses recherches successives, bien qu'il utilise des procédés absolument neufs et audacieux, comme le report photographique sur de grandes surfaces réfléchissantes, élément qui caractérisera sa production à partir de 1963. Les figures humaines projetées sur le fond s'insèrent dans le reflet en " trompe l'œil " du décor qui les entoure et créent ainsi un rapport ambigu entre la réalité extérieure et l'" image " intérieure de l'œuvre. Au début, la figure est insérée isolément (Autoportrait, 1962) ; mais, dans une série d'œuvres, la composition devient plus complexe par la représentation d'" intérieurs " ou de groupes de personnages (série des Cortèges : Cortège, 1965  ; Réunion électorale, 1965, Cologne, musée Ludwig). Pistoletto réalise en 1966 une série dite " des objets en moins ", rassemblement intentionnel de pièces très différentes : Rose brûlée, Photographie de Jasper Johns, Pyramide verte avec table et siège, etc., transgressant par leur diversité le principe de l'unité stylistique de l'œuvre. Parallèlement, des créations sur le reflet prennent la forme d'œuvres dans l'espace : Tableau de fils électriques, Chandelles (1967). En 1967-68, l'artiste réalise de nombreuses œuvres à base de matériaux pauvres : Mappemonde en papier journal, Mur de chiffons en briquettes de tissu ; il participe aux expositions liées à l'Arte povera, en particulier à Amalfi (" Arte povera + Azioni povere "). En 1968, il fonde une compagnie théâtrale, Zoo, qui met l'accent sur la spontanéité des acteurs. Poursuivant régulièrement son travail à partir de miroirs, Pistoletto crée des œuvres qui prennent parfois l'apparence de véritables environnements : Danger de mort, 1974 ; la Cage du miroir, 1982. Parallèlement, la division du miroir apparaît fréquemment dans des œuvres composées par la juxtaposition de miroirs de taille et de formes différentes. Ce travail sur la perspective atteint son apogée dans les Stanze (Turin, gal. Stein, 1975-76), déclinaisons sur une séquence de salles à base de textes et de lumières. Depuis 1981, Pistoletto se consacre à la statuaire de grande dimension, créant de grandes sculptures blanches ou vivement colorées en polyurétane ou en marbre : le Géant blanc, 1982 ; le Génie du temps, 1985, commande pour l'Hôtel de région Midi-Pyrénées, Toulouse. À partir de 1985, il réalise une série de peintures-volumes, massives, de couleur sombre, en " matériaux anonymes " (Parallélépipède impair et haut, 1985, Marseille, musée Cantini). Dans ses œuvres les plus récentes, Pistoletto s'écarte de tout système (installation au musée de Rochechouart, 1993) avec la présentation de cages-miroirs où le spectateur ne peut entièrement se refléter (la Chute du miroir, 1993.) En 1984, une grande rétrospective de son œuvre a eu lieu à Florence, fort du Belvédère. Son œuvre est représentée en France : Paris, M. N. A. M. (Femme au cimetière, 1974), et à l'étranger : Berlin, N. G. New York, M. O. M. A, Rome, G. A. M. Une nouvelle exposition lui a été consacrée (Munich, Ljubjana) en 1996.