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Jean Perréal

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (?  – 1530).

Peintre en titre des rois Charles VIII, Louis XII et François Ier, au service de la Ville de Lyon, de la reine Anne de Bretagne et de l'archiduchesse Marguerite d'Autriche, renommé de son temps et redevenu célèbre au xixe s. à la faveur du nombre exceptionnel de documents conservés à son sujet, Jean Perréal, dit Jean de Paris, restait sans ouvrages connus et a été longtemps crédité par hypothèse des principaux travaux anonymes de son époque, comme ceux du Maître de Moulins. En 1963, Charles Sterling lui a rendu une peinture certaine (miniature de la Complainte de nature à l'alchimiste errant, 1516, Paris, musée Marmottan), à partir de laquelle son œuvre a pu être reconstitué. Les activités de l'artiste étaient multiples : on le sait peintre, enlumineur, décorateur, dessinateur de patrons de sculpture (tombeau des ducs de Bretagne à Nantes, sculpté par Michel Colombe) et d'orfèvrerie, architecte (projets pour l'église de Brou), ingénieur, poète et humaniste ; il fut en contact avec l'Italie, où il séjourna en 1499 et en 1509, et connut Léonard de Vinci. Ses œuvres, essentiellement des portraits, révèlent un talent plus modeste que ne laissait supposer sa réputation : elles correspondent en gros au groupe de peintures (Charles VIII et Anne de Bretagne, Paris, B. N.), d'enluminures (l'Écrivain Pierre Sala, British Museum ; Jeune Homme inconnu, Paris, B. N.) et de dessins (Bourdillon et Ligny, Chantilly, musée Condé), datant des environs de 1495-1500, autrefois réunis sous le nom de " Maîtres de Charles VIII " ; deux portraits d'un homme et d'une femme en diptyque sont entrés récemment au Louvre. D'une écriture linéaire et libre, plus soucieux de la structure profonde des visages que de leur modelé extérieur, d'un réalisme direct, ces portraits, même les plus tardifs (Monsieur de Bellefourrière, 1521, Metropolitan Museum ; Dame anglaise, v. 1515-1520, Londres, N. P. G.), sont finalement plus proches de la tradition gothique que de l'esprit de la Renaissance. Si Perréal n'est pas, comme on l'a cru, l'introducteur de la Renaissance en France, mais un artiste de transition, il est possible que ses petits portraits vivants, sur fond de couleur, soient à l'origine de la lignée de portraits qu'illustrera, au milieu du xvie s., Corneille de Lyon.