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Jean-Baptiste Perronneau

Jean Georges Noverre
Jean Georges Noverre

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Paris 1715  – Amsterdam 1783).

Jusqu'en 1744, il semble surtout graver d'après Boucher ou Natoire (les Quatre Éléments, en collaboration avec Aveline), dont il est probablement l'élève avant de passer dans l'atelier de Laurent Cars. Il exécuta le portrait de celui-ci (1750, Ann Arbor University of Michigan, Museum of Art ; autre version au pastel au Louvre) ; c'est durant ces années qu'il fait la connaissance à Orléans, où il se rend plusieurs fois après 1744, de Desfriches, qui lui obtiendra plusieurs commandes de portraits. Ses premières œuvres sont fortement marquées par l'influence de Nattier : la Petite Fille au chat (pastel, 1743, Londres, N. G.) et l'un de ses chefs-d'œuvre, Madame de Sorquainville (1749, Louvre), dont la mise en page rappelle celle de la Marie Leszczyńska de Nattier (Versailles), exposée au Salon l'année précédente. En 1753, Perronneau est reçu à l'Académie avec les portraits peints d'Adam l'Aîné et de J.-B. Oudry (Louvre). C'est le large usage qu'il fait de la technique du pastel qui autorise déjà ses contemporains à le comparer à La Tour : comme celles de son émule, les effigies de Perronneau (rarement des portraits en pied) sont des représentations en buste, vues de trois quarts, sur un fond neutre avec un minimum d'accessoires, et dont l'intention semble avant tout esthétique et non descriptive : Le Normant du Coudray (1766, Paris, musée Cognacq-Jay). Cependant, à la différence de La Tour, Perronneau mène une existence difficile. Il n'obtient jamais au Louvre le logement qu'il réclame à plusieurs reprises, et doit se contenter d'une clientèle bourgeoise, essentiellement provinciale ou étrangère : Daniel Jousse (musée d'Orléans), Mademoiselle Courrégeoles (1768, musée de Bordeaux) ; cela explique, en partie, l'interminable randonnée que constitue sa carrière à travers l'Europe : voyages en Hollande (1754, 1755, 1761, 1771, 1772, 1780, 1783), en Italie (1759), en Angleterre (1761), en Russie (1781) et en Pologne (1782).

L'œuvre de Perronneau est tournée vers l'étude psychologique tout autant que celle de La Tour ; mais une technique moins fondue et la juxtaposition sur les visages de coloris parfois heurtés (qui rappelle singulièrement l'art des portraitistes anglais contemporains) lui confèrent l'accent d'une vérité plus rude. L'aspect un peu cru des figures explique la réticence de la clientèle de la Cour et a forcé Perronneau à choisir surtout des modèles masculins, qui restent le meilleur de son œuvre : Abraham Van Robais (1767, Louvre) ; là, Perronneau se rapproche davantage de Chardin, avec un sentiment d'intimité, une utilisation du clair-obscur et des reflets entre les différentes masses colorées qui font de lui un coloriste plus brillant que La Tour.

Il est principalement représenté au Louvre, au musée d'Orléans (belle série), à Boston (M. F. A.), à Chicago (Art Inst.), à Detroit (Inst. of Arts), à l'Ermitage (l'Enfant au livre), à Copenhague (S. M. f. K.), au musée de Genève, au Rijksmuseum, au musée de Tours, au musée de Saint-Quentin (Maurice Quentin de La Tour).