En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Antonío de Pereda

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre espagnol (Valladolid 1611  – Madrid 1678).

Fils de peintre, élevé dans sa ville natale, puis disciple de Pedro de las Cuevas à Madrid, il trouva des protecteurs dans le milieu de la Cour (notamment l'Italien Crescenzi). En 1635, il collabore à la décoration du salon des Royaumes au nouveau palais du Buen Retiro (Délivrance de Gênes dans la série des " Victoires espagnoles ", auj. au Prado) aux côtés de Carducho, Velázquez, Zurbarán. Par son sujet, cette œuvre, avec Agila, roi des Goths (1635, Lérida, séminaire), reste exceptionnelle dans la carrière du peintre, qui, par la suite, se tint à l'écart du Palais, travaillant pour des couvents et des églises. À côté de vastes tableaux d'autel, plus brillants de couleur que personnels de sentiment (Saint Augustin et sainte Thérèse aux pieds de la Vierge et de saint Joseph, 1640, Carmélites de Tolède ; Mariage de la Vierge, 1640, peint pour les capucins de Valladolid, auj. à Saint-Sulpice de Paris), des œuvres de plus petit format, figures isolées comme l'Ecce homo (1641) et le Saint Jérôme pénitent (1643) du Prado, joignent à l'impeccable chromatisme appris des Vénitiens un dessin ferme et une sobre vigueur réaliste, non sans quelque souvenir du ténébrisme riberesque.

D'autre part, Pereda affectionne tout spécialement la nature morte, étoffes précieuses et joyaux, fruits et fleurs, ustensiles de cuisine baignant dans une lumière chaude et sourde (Lisbonne, M. A. A., 1650-51 ; Ermitage), et Palomino déclare qu'" en ce genre aucun peintre ne l'a surpassé ". Pereda cultive aussi l'allégorie morale, sur un ton analogue à celui des " vanitas " hollandaises, opposant les splendeurs décevantes du monde et la fugacité des destins humains. Il a donné en ce genre quelques-uns des chefs-d'œuvre de la peinture espagnole (le Songe du jeune gentilhomme, Madrid, Acad. S. Fernando ; Vanitas, Vienne, K. M.). Dans ses dernières années, Pereda assimile ce dynamisme baroque que Madrid adopte autour de 1660, et l'applique — superficiellement — dans ses derniers tableaux d'autel (Miracle de la Portioncule, 1664, musée de Valladolid ; Descente de croix, musée de Marseille ; le Portrait de saint Dominique remis au moine de Soriano, Madrid, musée Cerralbo ; Saint Guillaume d'Aquitaine, Madrid, Acad. S. Fernando), œuvres quelque peu conventionnelles mais toujours d'une magnifique qualité picturale.