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Julius Pinkas, dit Jules Pascin

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre et graveur américain d'origine bulgare (Vidin 1885  – Paris 1930).

Dessinateur au talent précoce, esprit cultivé et curieux de toutes les expériences que la vie peut offrir, il poursuit diverses études à Vienne (1896-1901), à Berlin puis à Munich (1903), où il collabore dès 1905 au journal satirique Simplicissimus ainsi qu'au Jugend. De bonne heure familier des maisons closes, il y trouvera pendant toute sa carrière ses modèles de prédilection, appréciant chez les filles leur sensualité immédiate et leur passivité. Assez détaché vis-à-vis de son œuvre (qui est surtout celle d'un illustrateur de certains milieux contemporains), il ne connaît qu'une évolution de faible amplitude. Il arrive à Paris en décembre 1905, habite d'abord Montmartre, puis Montparnasse, dont il devient (en partie par sa prodigalité) une des figures les plus originales, et il fait en 1907 la connaissance d'Hermine David, qu'il épousera après la guerre. L'art de Pascin dessinateur, d'une grande mobilité, est soutenu par de multiples études et croquis, et il exécute avant 1914 des pages narratives et humoristiques, où plusieurs groupes prennent place dans un espace abstrait (le Retour de l'enfant prodigue, Paris, M. A. M. de la Ville). De cette époque datent des bois vigoureux dans la tradition expressionniste (Filles de la nuit, 1910, Paris, B. N.). Pascin pratique encore peu la peinture et s'exprime au moyen d'un métier assez dru (Hermine David, 1908, musée de Grenoble). En 1914, il gagne Londres, puis New York, voyage en Floride et à Cuba, en rapporte des gravures et de nombreux dessins d'un style incisif et où l'influence des débuts du Cubisme est sensible (Deux Cubaines, 1917, Paris, M. A. M. de la Ville). Il revient à Paris à la fin de 1920 ; il use maintenant d'un tracé plus souple, avec de saisissants raccourcis (Jeune Fille au collier, 1924, musée de Grenoble), et se consacre davantage au tableau. Si les portraits de ses amis sont souvent d'un réalisme trop littéral, il excelle à peindre les filles, toujours très jeunes, nues ou à demi vêtues ; la vérité de l'attitude, et de l'atmosphère, est compensée par la légèreté de la technique, tracé au fusain et couleurs claires très étendues (les Deux Dormeuses, 1929, Paris, M. A. M. de la Ville). L'artiste se déplace beaucoup, voyage dans le Midi, en Afrique du Nord, retourne aux États-Unis (1927-28). Son suicide, le 2 juin 1930, achève sa destruction systématique, qu'il avait entreprise par l'alcool, la drogue et l'érotisme. Pascin a illustré des ouvrages de Heine, Mac Orlan (Aux lumières de Paris), A. Warnod, P. Morand (Fermé la nuit). Il est représenté notamment à Paris (M. N. A. M. et M. A. M. de la Ville) et à Jérusalem (musée d'Israël).