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Giovanni Paolo Pannini ou Giovanni Paolo Panini

Giovanni Paolo Pannini, Fête musicale donnée à l'occasion du mariage du Dauphin
Giovanni Paolo Pannini, Fête musicale donnée à l'occasion du mariage du Dauphin

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Plaisance v. 1691  – Rome 1765).

De sa première formation, dans le milieu des Bibbiena, il retint un goût pour la scénographie qui le marqua tout au long de sa carrière à Rome, où il s'établit à partir de 1715. Là, il fut d'abord l'élève de B. Luti, dont le classicisme à la Maratta ne l'influença d'ailleurs que pendant une courte période (toiles à sujets religieux au Louvre, au Prado, au musée de Budapest). Sa première affirmation romaine est représentée par la décoration à fresque de la Villa Patrizi (1719-1725) et par ses travaux dans différents palais, comme le Quirinal et le palais Alberoni, mais c'est en tant qu'illustrateur infatigable des monuments et de la vie de Rome qu'il acquit rapidement un renom international. Si, de ce fait, son activité peut être classée parmi celles des " vedutisti " romains du xviiie s., il déborda en réalité les limites de ce " genre ", déjà assez rigidement établies à son époque, pour se rattacher, d'une part, à la liberté de vision qui avait caractérisé les précurseurs des " vedute " au siècle précédent et pour participer, d'autre part, à ces prémices " protoromantiques " qui devaient mener à l'œuvre d'un Piranèse. Héritier de Codazzi dans ses " rovine ideate ", compositions assemblant arbitrairement, sous une apparence réaliste, différentes ruines antiques animées de petits personnages à la grâce toute rococo, il ne fut pas moins sensible aux suggestions de paysagistes comme Bloemen et Locatelli et, dans la précision analytique de ses " vedute " réalistes (Castel Sant'Angelo, 1744, Potsdam, Sans-Souci), aux expériences d'un Vanvitelli. Inventées ou prises sur le vif, ses compositions, parfois immenses, ont souvent la valeur de véritables " tranches de vie " découpées dans le cadre des monuments antiques et modernes de Rome (Place du Quirinal et Place Santa Maria Maggiore, 1742, Rome, Quirinal) ; elles demeurent parmi les témoignages les plus séduisants de l'époque. Doué d'un talent exceptionnel de scénographe, Pannini conféra toujours à ses représentations un sens grandiose de l'espace ; il atteint à des effets monumentaux, contrastant avec la verve déployée dans la description des figurines qui peuplent ses scènes, lorsqu'il peint des cérémonies (Visite de Charles III à Saint-Pierre, 1745, Naples, Capodimonte ; Visite de Charles III au Quirinal, 1746, id.), des fêtes (Fête donnée sur la place Navone, 1729, Louvre) ou des scènes de théâtre (Fête musicale donnée à l'occasion du mariage du Dauphin, 1747, Louvre). On lui doit enfin des représentations de " musées ", réels (Galerie du cardinal Valenti Gonzaga, Hartford, Wadsworth Atheneum) ou imaginaires (Rome antique et Rome moderne, Louvre), où la vaste définition de l'espace s'accompagne d'une reproduction fidèle des styles. L'œuvre de Pannini, abondant (on trouve de ses tableaux dans de nombreux musées européens et américains), eut une large diffusion, surtout en France, pays avec lequel l'artiste fut particulièrement en rapport en raison de la protection du cardinal de Polignac et de son mariage avec la sœur de Nicolas Vleughels, directeur de l'Académie de France à Rome.

Pannini fut membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture (1732). Son meilleur continuateur fut d'ailleurs un Français, Hubert Robert, qui hérita surtout de son intérêt pour les ruines antiques.