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Benjamín Palencia

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre espagnol (Barrax, Albacete, 1894  – Madrid 1980).

Il arriva à Madrid vers 1909 et se lia rapidement avec les principaux poètes de son époque : Juan Ramón Jiménez, Lorca, Alberti, participant en 1916 au Premier Salon d'automne de Madrid et, en 1925, à l'Exposition des artistes ibériques. Sa peinture se rapproche peu à peu du Surréalisme, mais elle est toujours imprégnée d'esprit populaire, d'une vision grave de la réalité espagnole. Sa période plus typiquement surréaliste s'étend de 1930 à 1936 environ. Il est alors en contact avec le sculpteur Alberto, et leurs œuvres de ces années sont assez proches. Ils fondent, avec d'autres peintres, dont Maruja Mallo, l'école de Vallecas. On distingue alors, dans la production de Palencia, d'une part des idéogrammes dans la ligne de ceux de Miró et de l'autre des œuvres voisines de la peinture métaphysique, inspirées par le paysage désolé du plateau castillan et pleines de symboles (chouettes, violons, sphères, taureaux). Ces images de plaines immenses, désertes et arides, où se dressent quelques formes, expriment très efficacement, de manière surréaliste, l'âme du paysage et du peuple castillans. La guerre civile interrompt cette évolution. L'esprit de Palencia, tourné vers la terre et le paysage, s'accommode sans trop de difficultés des règles du Réalisme et de la tradition, imposés par les circonstances. Ainsi, tout en conservant les mêmes éléments, il amorce un retour à une Figuration plus classique, teintée par la suite d'un fauvisme très modéré. À partir du moment où sa vision du paysage, jusqu'alors symbolique, devient réaliste, il abandonne tout sens critique et populaire pour exalter et mythifier le paysage, qui prend un sens presque épique. En cela, sa vision n'est pas loin de celle des écrivains de la " generación del 98 ". En quelques années, Palencia devint un peintre semi-officiel, comblé de prix et de récompenses ; il influença aussi l'école de Madrid, mais la production de celle-ci, mis à part Ortega Muñoz et Zabaleta, est loin d'égaler celle de l'initiateur, qui participe à toutes les tentatives de rénovation modérée, collaborant avec Eugenio d'Ors au Salon des II et à l'Académie Brève. Parfois, son réalisme se fait minutieux, frôlant même par moments l'académisme. S'il se libère de ce réalisme trop strict, l'artiste revient aux procédés du Fauvisme : couleurs stridentes, larges coups de pinceau utilisés de façon plus décorative qu'expressive. Il est représenté dans les principaux musées espagnols, notamment au M. E. A. C. de Madrid, et dans les musées d'Amérique latine.