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Georgia O'Keeffe

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre américain (Sun Prairie, Wisconsin, 1887  – Santa Fe, Nouveau-Mexique, 1986).

Élève de William M. Chase, puis d'Arthur W. Dow, G. O'Keeffe se révolte vite contre l'Académisme et l'imitation des peintres européens. En 1916, alors qu'elle enseigne le dessin dans une petite ville du Texas — selon la méthode orientale de disposition du noir et du blanc —, elle fait la connaissance de son futur mari, le photographe et marchand new-yorkais Stieglitz. Celui-ci expose la même année quelques-unes de ses esquisses au fusain, à sa galerie 291. L'espace de ses toiles se remplit très tôt de gigantesques fleurs en premier plan, technique sans doute issue, bien qu'elle s'en défende, de l'art de son mari. Mais, par ce procédé, elle ne s'écarte du réel que dans la mesure où l'objet, isolé, devient symbolique (Tache noire n° 2, 1919, Buffalo, coll. Levick ; Iris noir, 1926, Metropolitan Museum). Les paysages du Nouveau-Mexique, où elle s'établira en 1940, la marquent profondément ; mais ses peintures de collines désolées et infinies sont toujours marquées d'un symbole mystique dont le rôle plastique est parfois étonnant : ainsi Croix noire (1929, Chicago, Art Inst.), où l'espace de la toile est asymétriquement divisé par une gigantesque croix indienne en " premier plan ". Comme pour les précisionnistes, la ville et ses gratte-ciel seront l'un de ses thèmes favoris pendant plusieurs années (New York la nuit, 1929, Lincoln, Sheldon Gal.). Cependant, durant cette même période, O'Keeffe peint l'une de ses plus remarquables toiles, Lake George Window (1929, New York, M. O. M. A.). Pour la première fois, l'objet — la fenêtre — est littéralement transposé sur la toile sous un angle de vue frontal et selon une absolue symétrie axiale, délibérée. Avec ses stricts plans à angles droits, l'artiste semble déjà soulever le problème de la surface même de la toile, tel qu'il sera posé par la génération d'après 1945. Après une importante rétrospective à l'Art Inst. de Chicago (1943), l'évolution de Georgia O'Keeffe se poursuit par des toiles où la référence au réel n'est jamais exclue, mais rendue insolite par l'intrusion de formes géométriques pures (Patio avec nuage, 1956, Milwaukee, Art Center). Les fréquents voyages aériens qu'elle effectue au cours des années 60 lui inspirent une série d'œuvres — basées sur les rivières vues de haut — dans laquelle les formes sont encore plus simplifiées et la lumière plus éclatante. D'importantes rétrospectives de son œuvre ont eu lieu à New York (Whitney Museum en 1981 et Metropolitan Museum en 1984).