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Michael Lieb, dit Mihály Munkácsy

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre hongrois (Munkács 1844 – Endenich, près de Bonn, 1900).

Après une enfance difficile et misérable, qu'il raconta lui-même dans ses lettres à Mme Chaplin (1885), il reçut ses premières leçons d'un peintre ambulant, Alexis Szamossy, puis, en 1863, il travailla à Budapest chez Anton Ligeti. Il étudia ensuite à Vienne près de Rahl et de Piloty (1864), puis à l'Académie de Munich (1866). Il fut alors très attiré par l'art de Rembrandt. De passage à Paris en 1867, il découvrit aussi la leçon réaliste et sociale de Courbet. À partir de 1868, il se perfectionna, à Düsseldorf, dans l'atelier de Knaus. Il exposa alors au Salon des artistes français de 1870 son célèbre Dernier Jour d'un condamné à mort en Hongrie (1870, Budapest, G. N. H.), qui lui valut la médaille d'or, l'admiration de tous et l'attention de Castagnary. Il peignit ensuite de nombreuses toiles d'un réalisme de plus en plus antilittéraire, révélant un penchant pour l'anecdote. Il s'installa à Paris en 1872 et séjourna aussi à Barbizon en 1874, où il exécuta des paysages sonores d'une belle qualité de coloris (Route poussiéreuse, 1881, id. ; l'Allée de châtaigniers, 1886, id.). Ayant épousé la veuve du baron de Marches, et lié à plusieurs marchands, il mena à Paris, durant de longues années, une vie d'artiste consacré, opulente et mondaine. S'il réalisa dans ce milieu des toiles très parisiennes, où il délaissa quelque peu le Réalisme pour se souvenir de Makart et, comme Leibl, se rapprocher des impressionnistes, il se consacra surtout à des œuvres historiques et religieuses, d'un caractère vigoureux, malgré un accent un peu trop théâtral (le Christ devant Pilate, 1881, Budapest, G. N. H., et Paris, musée d'Orsay). Il exécuta pour le palais du Parlement, à Budapest, une vaste composition décorative : la Prise de possession de la Hongrie par les Magyars en 896 (salle de réception du Conseil de présidence).

Munkácsy mourut en 1900 à Endenich, près de Bonn, dans un asile d'aliénés. Sa facture à la pâte épaisse, aux tonalités sombres, est relevée de touches d'un blanc pur ou d'un rouge ardent qui font vibrer les camaïeux assourdis de noirs, de bruns et de gris : les Faiseuses de charpie (1871, Budapest, N. G.), le Héros du village (1875, Cologne, W. R. M.) ou la Femme à la baratte (1873, Budapest, G. N. H.).