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Alfons Mucha

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre tchèque (Ivančice, Moravie, 1860  – Prague 1939).

Il eut des débuts difficiles et travaillait comme décorateur de théâtre lorsqu'il fut pris en charge, en 1881, par le comte Karl Khuen-Belasi, qui lui fit décorer son château d'Emmahof. Son protecteur l'envoya ensuite étudier à Munich, puis à Paris. Après le suicide de celui-ci, en 1887, Mucha survécut en dessinant pour différents journaux : le Figaro illustré, la Vie parisienne, le Noël illustré ou le Petit Français illustré (Mémoires d'un éléphant blanc, 1894). L'influence de Jean-Paul Laurens, dont il fut l'élève à l'Académie Julian, se fait sentir dans les Scènes et épisodes de l'histoire d'Allemagne (de Charles Seignobos, 1892), où, dans son style historique majestueux, perce déjà son sens de l'arabesque. En 1894, Mucha rencontre Sarah Bernhardt et, réalisa pour elle les célèbres affiches qui lui valurent un succès éclatant, parisien et international (Gismonda, 1894 ; Médée, 1898). Il dessine parallèlement d'autres affiches importantes, où il s'abandonne à son goût de la ligne lovée et des entrelacs compliqués (Salon des Cent, 1896 ; Papier à cigarette Job, 1897 ; Nestlé's Food for Infants, 1898). Mucha composa aussi de nombreux panneaux décoratifs, des calendriers et des programmes où reviennent sans cesse ses thèmes préférés : la femme, les fleurs, les saisons, les heures. Il imagina des bijoux (Bracelet au serpent ) et décora somptueusement, rue Royale, la vitrine et les salons de la joaillerie de Georges Fouquet. Il exécuta de très belles lithographies en couleurs pour illustrer l'Ilsée, princesse de Tripoli de Robert de Flers (1897) ou son propre texte de commentaires poétiques et mystiques pour le Pater (1899). Pour servir de modèles à toutes les variations du Modern Style, il publia, en 1902, ses Documents décoratifs et, en 1905, ses Figures décoratives. Il contribua à l'Exposition de 1900 par son ornementation du pavillon de la Bosnie-Herzégovine. Il partit en 1904 pour les États-Unis, où il vécut cinq ans avec sa femme, enseignant à l'Art Institute de Chicago et peignant les décors du German Theater de New York (1908), et où il réalisa les affiches de Leslie Carter et de Maude Adams (Jeanne d'Arc, 1909). Ses dessins au fusain ont beaucoup de force, et ses portraits au pastel une grande finesse. En 1910, il retourna définitivement en Tchécoslovaquie. Il y réalisa des peintures décoratives bien composées, mais accueillies de mauvaise grâce par les représentants de l'art tchèque moderne. Il travailla à son Épopée slave, grand ensemble de toiles historiques où il mêle à un style plus traditionnel, teinté de folklore, des nuances d'un symbolisme parfois cruel. Il exposa ces vastes tableaux en 1921 au Brooklyn Museum de New York et à Chicago. Une exposition rétrospective a eu lieu en 1980 à Paris (Grand Palais) et en 1996 une exposition lui a été consacrée à Lisbonne par la fondation Gulbenkian.