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Alessandro Bonvicino, dit Moretto da Brescia

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Brescia v.  1490/1495  – id.  1554).

Toute sa carrière se déroule dans sa ville natale, dont il reflète dans son art la position ambiguë, à mi-chemin entre la tradition lombarde de Foppa et le climat vénitien créé par Giorgione et le jeune Titien. En 1516, il se trouvait chez le peintre local Ferramola, dont il conserva le sens plastique. Dès cette époque, ses liens avec Romanino étaient solidement établis, puisque ce dernier l'aurait emmené avec lui à Padoue en 1513, lors de l'exécution du retable de S. Giustina. Un tableau récemment retrouvé, la Madone entourée de saints (1520, Belluno, S. Gregorio delle Alpi), reflète une connaissance directe de la peinture vénitienne. L'artiste devait d'ailleurs déjà jouir d'une notoriété importante en Vénétie. Néanmoins, ses premières œuvres évoquent toujours l'atmosphère lombarde et sont baignées d'une lumière poétique empruntée à Foppa (le Christ parmi les animaux, Metropolitan Museum ; le Christ et la Samaritaine, Bergame, Accad. Carrara). Une conception sereine, un réalisme foncier (des " morceaux " comme la nature morte du Repas chez Simon de l'église S. Maria Calchera de Brescia ou les assistants de la Chute de Simon Mage de l'église S. Cristo de Brescia ont été cités comme des antécédents au Caravagisme), une aspiration sensible vers un ordre classique l'éloignent de l'esprit tourmenté et du romantisme de Romanino, avec lequel il exécute la décoration de la chapelle du Sacrement à S. Giovanni Evangelista (achevée en 1524), exemple exceptionnel de la production picturale bresciane. Romanino avait transmis à Moretto son goût pour un coloris savoureux ; inversement, Moretto lui avait donné l'exemple de la stabilité des formes dans ses Prophètes. Dès lors, il se détache de son maître et introduit dans ses œuvres un climat plus serein, empreint d'un naturalisme authentique (Nativité, Brescia, Pin. Tosio-Martinengo).

Une monotonie certaine marque son œuvre. À ses grands retables, avec leur composition classique à deux étages, leurs fonds répétés de paysage et d'architecture, leurs types souvent repris, on a préféré les admirables portraits où l'artiste joue habilement des effets chatoyants des tissus et où il confère à ses nobles figures une expression de contemplation paisible (Portrait d'un ecclésiastique, Munich, Alte Pin. ; Portrait d'un vieil homme, v. 1565-1570, Bergame, Accad. Carrara) ; Portraits d'hommes (New York, Metr. Mus. ; Londres, N. G.). Comme portraitiste, il eut une grande influence sur son élève G. B. Moroni. Ses dernières œuvres sont consacrées au Christ de la Passion (Ecce Homo avec un ange, v. 1550-1554, Brescia. Pin.)

L'œuvre de Moretto est représentée avec abondance au musée de Brescia ainsi que dans les églises et les coll. part. de la ville et de la région. Parmi les peintures conservées hors de Brescia, on peut mentionner le bel ensemble de la N. G. de Londres et des œuvres maîtresses telles que la Mise au tombeau de la N. G. de Washington, le Christ à la colonne de Naples (Capodimonte), les volets d'orgue de l'église S. Maria in Valvendra de Lovere et la Sainte Justine avec un donateur du K. M. de Vienne, l'une des créations les plus poétiques de l'artiste. Le Louvre conserve deux volets d'un polyptyque (1534), Saint Bernardin de Sienne et saint Louis de Toulouse, saint Bonaventure et Saint Antoine de Padoue, dont le centre (Saint François) et d'autres panneaux se trouvent à la Brera. Une rétrospective a été consacrée à Moretto (Brescia) en 1988.