En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Michelozzo degli Ambrogi, dit Melozzo da Forlì

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre italien (Forlì 1438  – id. 1494).

Melozzo fut l'un des principaux propagateurs de l'art de Piero della Francesca dans une région qui s'étend de Rome à Ferrare en contournant la Toscane. Sa formation ne nous est pas connue ; on peut seulement imaginer le rôle de la petite communauté de peintres non négligeables dans sa patrie (Ansuino da Forlì, Guidaccio da Imola) et de la production paléochrétienne et byzantine de la proche Ravenne, qui a pu marquer très tôt la vision monumentale du jeune peintre, le préparant aux premiers rapports avec Piero della Francesca. On le trouve successivement à Rome, à Urbino, à Lorette et à Ancône sans qu'il soit toujours possible de préciser avec certitude les dates de ses passages. Dès 1465, il s'absente de Forlì, et l'on pense que, vers cette époque, il se rend à Rome, où il travaille à l'église S. Marco (Saint Marc écrivant, Saint Marc pape).

On le retrouve à Urbino en 1470-1472, où il participe peut-être à la décoration — exécutée par Pedro Berruguete et Juste de Gand — du studiolo et de la bibliothèque du duc de Montefeltre, dont il donna peut-être le dessin d'ensemble. Années capitales pour l'histoire de la peinture, car celui qui avait le mieux compris l'art de Piero, à travers un tempérament plus communicatif, se trouve en contact direct avec le Flamand Juste de Gand et l'Espagnol Pedro Berruguete, dont le style offre alors des possibilités techniques renouvelées ; preuve en serait le Portrait de Guidobaldo da Montefeltro (Rome, Gal. Colonna). Melozzo se situe ainsi dans le large mouvement de renouveau instauré par Antonello de Messine.

De nouveau à Rome en 1473, Melozzo travaille avec Antoniazzo Romano ; en 1478, il est cité comme " pittore papale " de Sixte IV : c'est l'époque de la grande fresque solennelle (Inauguration de la bibliothèque de Sixte IV, v. 1477) du Vatican, où la perspective savante et les volumes visent à un effet grandiose, puis celle des décorations de l'église des SS. Apostoli (Christ de l'Ascension, auj. au palais du Quirinal ; Anges musiciens et Apôtres, auj. au Vatican). Melozzo, de qui les audaces picturales de Bramante étaient connues, participe dans ses œuvres au grand style monumental qui se propage, de Piero à Raphaël, à l'écart du style " âpre " des squarcionesques et de beaucoup de Florentins. Ces traits sont également sensibles dans les deux dernières grandes décorations, exécutées en collaboration avec Palmezzano : les coupoles de la chapelle du Trésor (Prophètes et Anges) à Lorette et celles, détruites en 1944, de la chapelle Feo (v. 1493, Forlì, S. Biagio), où de colossales silhouettes de prophètes, assis autour du parapet sous une fausse voûte à caissons, produisent un prodigieux effet illusionniste.