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Maître du Retable de Pähl

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre allemand (actif v. 1400 dans la région de Salzbourg).

Il doit son nom au retable qui semble provenir de la chapelle du château de Pähl près de Weilheim (Haute-Bavière) et qui est conservé au Bayerisches Nationalmuseum de Munich. Le panneau central représente sur un fond d'or ciselé le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean, les volets Sainte Barbe et Saint Jean-Baptiste, la face extérieure le Christ de pitié et la Vierge à l'Enfant.

Ce retable, exécuté peu après 1400, est l'un des premiers et des plus remarquables témoignages du " style doux " en Allemagne du Sud. Plusieurs thèses diffèrent quant à l'origine de l'artiste et au lieu où furent réalisés les panneaux. De nombreux arguments militent à la fois en faveur d'Augsbourg et de Salzbourg, sans que l'on puisse se prononcer en toute certitude pour l'une ou l'autre de ces villes. Aujourd'hui, on pense qu'il s'agissait d'un artiste ambulant : l'autel ne se rattache à aucune tradition locale. L'influence du Maître de Wittingau (ou de Třeboň), originaire de Bohême, transparaît dans toute l'œuvre du peintre souabe, qui, sans appartenir à son école, eut certainement l'occasion de voir ses travaux à Prague. Les délicates silhouettes des personnages spiritualisés sont enveloppées de costumes aux lignes ondoyantes. Les contours harmonieux s'accordent avec la grâce et la subtilité du dessin, et autorisent à considérer le retable de Pähl comme l'une des réalisations les plus remarquables de l'art courtois et international qui devait se développer de Paris à Prague. La subtilité du coloris s'allie à la fluidité des formes pour donner à l'ensemble une parfaite harmonie.

On attribue au Maître du Retable de Pähl une autre œuvre, de quelques années antérieure, la Vierge d'Aracoeli du musée de Prague. Il s'agit d'une copie fidèle, sur parchemin, d'un petit tableau italien conservé depuis 1368 dans la salle du Trésor de la cathédrale Saint-Guy de Prague, lui-même réplique de l'image miraculeuse romaine de S. Maria d'Aracoeli. Cette madone italo-byzantine du type " Agiosotirissa " ne saurait être considérée comme une réalisation personnelle du maître, mais les figurines qui ornent le cadre peint ne sont pas dénuées d'intérêt ; les 4 demi-figures de Prophètes portant des banderoles et surtout les 6 figures de Saintes soutiennent la comparaison avec les personnages du retable de Pähl.