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Maître de la Vierge entre les Vierges ou Maître fe la Virgo inter Virgines

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre néerlandais (actif à Delft dans le dernier quart du xve s. ).

On désigne sous ce nom un peintre dont l'œuvre a été regroupée autour du tableau du Rijksmuseum d'Amsterdam représentant la Vierge entre les vierges. La localisation de son activité à Delft a pu être établie à la fois par la parenté qui relie son style à celui d'enluminures en grisaille typique de la production des ateliers delftois et par les dessins qu'il a donnés pour l'illustration de livres édités notamment dans cette ville. Son art est caractérisé par des visages que l'accent dramatique a rendus caricaturaux. Ses figures féminines, comme celles qui apparaissent dans le tableau qui a servi à le dénommer, sont sans grâce et présentent des visages plats et anguleux. L'âpreté de son style surprend dans des scènes comme celle-ci, qui pourrait être toute de charme, ou dans l'Adoration des mages (musées de Berlin), qui transpose dans une version pathétique une composition de l'école de Haarlem. Par contre, elle sied et devient dramatique dans les thèmes du désespoir, comme la Déposition de croix (Liverpool, Walker Art Gal.), toute de douleur grimaçante, la Déploration du Christ (hôpital d'Enghien, Belgique) ou encore la Mise au tombeau (Saint Louis, Missouri, City Art Gal.), curieusement composée en deux groupes séparés par la trouée d'un paysage. Elle domine dans la plus grande œuvre qui nous soit parvenue de ce peintre, le Triptyque de la Crucifixion (Barnard Castle, Bowes Museum), qui réunit autour du Portement de croix, de la Crucifixion et de la Déposition une foule agitée, nerveuse, dont l'enroulement maniéré des draperies accentue le caractère passionné. Cet art est d'ailleurs servi par une palette sobre où dominent bruns et gris, que réchauffent et font vibrer quelques tonalités éclatantes, tels un rouge strident ou un vert acide. Il reste que l'œuvre actuellement réunie sous le nom donné à ce maître est d'une qualité si diverse que l'on peut penser qu'elle rassemble la production de plusieurs maîtres, sans doute tous delftois et, par là, d'inspiration très voisine. Il en va peut-être de même pour les gravures sur bois, qui sont également très nombreuses : elles figurent dans une quinzaine d'ouvrages publiés entre 1483 et 1500 par Jacob Van der Meer, Christian Snellaert et Eckert Van Homberch à Delft, et également par Gheraet Leu à Anvers. Toute cette production reste l'expression la plus âpre de l'art hollandais du xve s.