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Maître de Liesborn

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre allemand (v.  1445  – av.  1500).

Cet artiste anonyme, peintre westphalien le plus important et le plus fécond de la seconde moitié du xve s., est ainsi désigné en raison des 5 retables qu'il exécuta après 1465 pour le monastère des Bénédictins de Liesborn près de Lippstadt. De ces retables, seuls subsistent des fragments du retable de la Passion, du maître-autel (conservés à la N. G. de Londres et au musée de Münster). Les 14 éléments de ce retable, qui fut effroyablement mutilé lors de la sécularisation des biens du clergé en 1807, ne forment pas, comme on l'avait longtemps supposé, un retable à volets, mais un panneau fixe. On reconnaissait au centre le Christ en croix avec saint Côme et saint Damien, la Vierge, saint Jean l'Évangéliste, sainte Scolastique et saint Benoît, à gauche 4 registres consacrés à l'Annonciation, la Nativité, l'Adoration des mages et la Présentation au Temple, à droite 4 autres registres, représentant vraisemblablement des scènes postérieures à la Crucifixion.

Seuls les panneaux de l'Annonciation et de la Présentation (Londres, N. G.) sont intégralement conservés, alors qu'il ne subsiste que quelques fragments des 2 tableaux de gauche et du registre central ; les panneaux de droite ont complètement disparu. La date de 1465, qui, selon les archives, est celle de la consécration des 5 autels, avait longtemps été considérée comme étant aussi celle à laquelle fut achevé le retable, mais le style aussi bien que le donateur indiquent qu'il ne peut être antérieur aux années 1470. Nous ne possédons aucune indication précise concernant l'origine, l'apprentissage et les voyages du peintre, dont le vaste atelier devait se trouver à Soest. Il appartient à la génération de Koerbecke et du Maître du Retable de Schöppingen, dont il fut sans doute l'élève, à en juger par l'influence que ce maître exerça sur son art. Il se distingue cependant de ses aînés par son souci de la perspective, qui constitue la base de ses compositions, et par la minutie avec laquelle il s'efforce de saisir le caractère individuel de chaque objet. Mais son art est avant tout caractérisé par une majestueuse sérénité, qui révèle un contemporain du Maître de la Vie de Marie de Cologne. S'il avait déjà adopté les formules réalistes de la génération de Koerbecke, sa prédilection pour les formes fluides et le coloris délicat le rapproche davantage de la peinture westphalienne de l'époque de Conrad von Soest. Le réalisme de Koerbecke a ici perdu tout élan ; sans le renier, le Maître de Liesborn s'y réfère simplement. La majesté sereine revêt dans son œuvre une signification particulière. À la différence des panneaux plus anciens, le fond d'or au rayonnement magique joue dans ses retables un rôle important.

Bien qu'attaché à la tradition locale de Westphalie et de Cologne, le maître puise, à l'instar de tous ses contemporains, aux sources flamandes. Ses modèles sont Van der Weyden et surtout Bouts et Memling, avec lesquels il a plus d'affinités. Cette influence se fait jour non seulement dans l'emprunt de thèmes et de compositions, mais aussi dans les combinaisons de sa palette. Ses paysages et certains traits essentiels du style de ses figures sont autant de réminiscences de l'art des Pays-Bas.

Outre les fragments de l'ancien retable de Liesborn, il subsiste encore quelques autres œuvres. Citons notamment le petit retable de la Résurrection (musée de Nuremberg, et Londres, N. G.), peint pour le couvent franciscain de Sainte-Claire, et une Crucifixion aux multiples personnages, panneau central d'un assez grand retable conservé dans l'église Notre-Dame de Soest. Il existe aussi une série d'autres retables qui semblent être de la main d'élèves ou de peintres ayant travaillé dans le même atelier.

À ceux-ci se rattachent le retable de la Crucifixion de Lünen, celui du Noli me tangere de Münster (Landesmuseum), qui provient de Soest, et un triptyque de la Crucifixion en l'église Saint-Jacques de Lübeck, qui fut offert par un bourgmestre du nom de Brömbsen.

Aucun des retables n'est daté. Si l'on suppose que le retable de Liesborn fut réalisé au cours des années 1470, les autres sembleraient remonter aux années 1480 et 1490.