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Maître de Coëtivy

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre et enlumineur français (actif dans la 2e moitié du xv e s.).

Cet artiste tire son nom d'un livre d'heures peint pour Olivier de Coëtivy et sa femme, Marie de Valois, fille de Charles VII et d'Agnès Sorel (Vienne, B. N.). Autour de ce livre ont été regroupés une trentaine de manuscrits enluminés, à sujet liturgique, comme de nombreux livres d'heures (Paris, B. N. ; Baltimore, Walters Gall.), historique (Histoire ancienne, Paris, B. N. ; Tite-Live, Paris, Ass. nat.), philosophique (Boèce, Paris, B. N. ; New York, P. Morgan Lib.) ou littéraire (Dante de Charles de France, Paris, B. N.). On attribue au même artiste un retable avec des donateurs inconnus (Résurrection de Lazare, Louvre). Il semble avoir eu une importante activité d'auteur de cartons pour les arts appliqués : ainsi, on lui reconnaît la paternité du triple vitrail du Christ Sauveur entre la Vierge et saint Jean l'Évangéliste au chœur de l'église Saint-Séverin à Paris et des tentures de la Destruction de Jérusalem (Saumur, château ; Lyon, musée des Arts décoratifs) et surtout de la Guerre de Troie (Londres, V. A. M. ; Zamora, cathédrale), une des tapisseries les plus illustres du siècle, qui fut recherchée par tous les princes du temps, et dont on conserve 9 des " petits patrons " originaux, grands dessins aquarellés ayant servi de modèles pour l'exécution des tapisseries (Louvre et B. N.). Ces ouvrages trahissent une origine nordique dans les formes et les références iconographiques, et se remarquent par un sens original de la narration, du mouvement, des raccourcis virtuoses, des effets atmosphériques et saisonniers, de la couleur raffinée.

Puisque l'artiste paraît avoir été essentiellement actif à Paris, comme en témoignent l'usage de Paris de ses livres d'heures et le vitrail de Saint-Séverin, il faut renoncer à voir en lui Henri de Vulcop, originaire d'Utrecht, peintre et enlumineur en titre de Charles de France, le frère de Louis XI, actif en Touraine puis à Bourges entre 1450 et 1470. Le Maître de Coëtivy occupe une place d'autant plus intéressante sur la scène parisienne qu'il est indissociable de deux autres artistes avec lesquels il forme une triade de peintres et enlumineurs qui se succèdent à la tête du même atelier, au premier rang de la production artistique à Paris tout au long de la seconde moitié du xve s., offrant une continuité stylistique très remarquable : ainsi, le Maître de Coëtivy succède au Maître de Dreux Budé (auteur du Retable du Parlement de Paris, Louvre) et précède le Maître d'Anne de Bretagne, grand fournisseur de cartons pour le vitrail et la tapisserie (Chasse à la licorne, New York, Cloisters), et surtout de dessins pour les livres gravés. Ces trois artistes pourraient bien être identifiés avec les peintres autrefois renommés que furent André d'Ypres (vers 1450-1460), son fils Colin d'Amiens (vers 1450-1480), célébré dans l'historiographie contemporaine, qui travailla pour Louis XI et fournit le modèle de son tombeau, et son petit-fils Jean d'Ypres, maître juré de la corporation au début du xvie s.