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André Masson

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Balagny, Oise, 1896  – Paris 1987).

À l'âge de huit ans, il suit sa famille à Bruxelles, où il apprend le dessin et où, devant une œuvre d'Ensor, il éprouve sa première émotion artistique. Verhaeren, qu'il rencontre en 1912, persuade ses parents de l'envoyer à Paris, où il entre bientôt à l'École des beaux-arts. En 1914, une bourse lui permet de voyager en Toscane. Mobilisé, il est grièvement blessé en 1917. Réformé, il gagne le Midi et rencontre Soutine à Céret. En 1922, à Paris, il est remarqué par le marchand Kahnweiler. Il peut alors se consacrer à son art ; il fréquente Gris et Derain. Sa peinture est d'abord d'un Cubisme modéré (Route de Picardie, 1924 ; l'Aile, 1925). Il s'installe alors rue Blomet dans le voisinage de Miró. Aragon, Artaud, Leiris deviennent ses amis, et Breton lui achète les Quatre Éléments (1923-24). Dès la fondation du groupe surréaliste, Masson s'engage dans la voie de l'automatisme graphique et participe aux expositions du groupe. La liberté de ses dessins trouvera un équivalent sur le plan pictural avec l'invention des " tableaux de sable " en 1927 : des giclées de colle sur une surface posée à plat, peinte ou non, sont recouvertes de sable, et, lorsqu'on redresse la toile, le sable glisse et reste accroché là où la colle le retient (Lancelot, Titane [1927]). En 1928, après des voyages en Hollande et en Allemagne, Masson illustre la Justine de Sade en collaboration avec d'autres peintres surréalistes. Il se trouve néanmoins parmi les exclus du Second Manifeste du Surréalisme (1929). Il consacre de nombreuses œuvres au thème du Destin des animaux. Puis apparaissent les thèmes du Massacre (1931-32), de l'Enlèvement (1931, Paris, M. N. A. M.), de la Poursuite (1931). Masson rencontre Matisse à Grasse en 1932, peint ses premiers décors de théâtre en 1933 (les Présages, ballet de L. Massine, Monte-Carlo) et, l'année suivante, voyage en Espagne et s'installe en Catalogne (Ibdes de Aragon, 1935, Londres, Tate Gal.). Collaborateur de la revue Minotaure, il retrouve André Breton au moment de la guerre d'Espagne et participe aux expositions internationales du Surréalisme à Londres (1936) et à Paris (1938). Il fait la connaissance de J.-L. Barrault en 1937 et travaillera souvent avec lui (Numance de Cervantès au Théâtre-Antoine, 1937 ; la Faim de K. Hamsun à l'Atelier, 1939). Replié en Amérique avec les surréalistes en 1941, il illustre Martinique charmeuse de serpents de Breton, avant de se brouiller de nouveau avec le poète en 1943. Dans ses œuvres, comme Vue emblématique de Tolède (1943-44), son style, plus expressionniste que surréaliste, s'affirme, et sa plastique prend de la force. Sa période américaine représente un des sommets de son art et des toiles comme Paysage iroquois (1942) exercèrent une influence certaine sur toute une génération de jeunes peintres américains. Rentré en France en 1945, il compose des décors pour le théâtre Marigny (Hamlet, 1946). Installé en Auvergne, puis en Provence, il exécute de nombreuses gravures pour illustrer Mallarmé, Coleridge et Malraux. Il voyage alors à Venise et à Rome entre 1951 et 1954, année où il obtient le grand prix national des Arts. L'Embellie (1956, musée de Grenoble), le Couple (1958, Paris, M. N. A. M.) témoignent, par leur graphisme, de sa découverte de l'Orient en même temps que d'un retour à l'écriture automatique. Thaumaturges malveillants menaçant le peuple des hauteurs (1964), Cérémonie chez Sade, Hommes écorchés et femmes en armure (1963) correspondent à sa période de plénitude : le dessin égratigne nerveusement la surface, et les lignes restent errantes, tandis que la couleur est portée à une intensité violente. Bien qu'il affirme admirer la sérénité orientale, Masson est un peintre du tragique, et sa peinture reste occidentale. Son plafond pour le théâtre de l'Odéon de Paris (1965) est l'un de ses chefs-d'œuvre : les formes, à peine figuratives, s'entrechoquent dans un mouvement tourbillonnant. Une exposition rétrospective de son œuvre fut présentée en 1976 au M. O. M. A. de New York puis, à Paris, au Grand Palais. Le musée des B. A. de Berne lui a consacré une exposition en 1996. Masson a publié sous le titre de Plaisir de peindre le recueil des articles qu'il publia après la guerre dans la revue les Temps modernes.