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Henri Martin

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la peinture ».

Peintre français (Toulouse 1860  – Labastide-du-Vert, Lot, 1943).

Comme le montrent ses premières toiles et ses académies, ce Toulousain fut d'abord un fidèle disciple de Jean-Paul Laurens (Paolo di Malatesta et Francesca da Rimini aux enfers, 1883, musée de Carcassonne). En 1885, un séjour en Italie lui fit découvrir des paysages lumineux et l'équilibre serein de Giotto, mais l'artiste vit aussi les tableaux des Macchiaioli et de Cremona et rencontra Segantini, dont la singulière technique vermiculée et vibrante l'a sans doute autant influencé que le pointillisme de Seurat. Martin peignit dès lors par petites touches hachées et parallèles. Il réalisa en 1889 sa grande évocation historique de la Fête de la Fédération (Toulouse, faculté des lettres), puis il se tourna vers le Symbolisme, exécutant de préférence des toiles allégoriques aux figures poétiques, aux apparitions célestes parmi des arbres vaporeux (Sérénité, le bois sacré, 1899, musée d'Orsay). Son désir d'expression mystique (l'Inspiration, 1895, musée d'Amiens) transparaît aussi bien dans ses beaux portraits symbolistes (Portrait de Mme Sans, 1895, Toulouse, musée des Augustins) que dans ses décorations murales aux allégories élégiaques (1893-1895, Paris, Hôtel de Ville, salon d'entrée sud). Il avait choisi Jean-Paul Laurens et Dampt pour incarner la Peinture et la Sculpture.

Henri Martin transformait ainsi la " modernité " en idées générales : Jean Jaurès et Anatole France devinrent aussi symboles dans les Bords de la Garonne (1906, Toulouse, Capitole) ou l'Étude (1908, Paris, Sorbonne).

Henri Martin s'est également intéressé à la vie contemporaine plus populaire, peignant des paysans (les Faucheurs, 1903, Toulouse, Capitole ; les Vendanges, 1925-1928, et le Labour, 1929, Cahors, préfecture du Lot), des ouviers (le Travail, 1914, Paris, Palais de justice) ou les promeneurs du dimanche (le Luxembourg, 1935, Paris, mairie du Ve arrondissement).

Ses œuvres sont alors de plus en plus marquées par le Fauvisme, et ses études de figures aux zébrures de couleurs pures ont une grande force (Gustave Charpentier, v. 1931, Paris, musée du Petit Palais). D'autre part, cet artiste fut un paysagiste très sensible aux couleurs et aux vibrations de sa terre languedocienne. Il a laissé de nombreuses évocations de villages perdus, de vieux clochers et de ponts croulants, en particulier des vues du gros bourg où il termina ses jours, de sa maison et de son jardin (le Village de Labastide-du-Vert, 1903-1909, musée de Lyon).